La Horde du Contrevent – Alain Damasio

Coups de coeurs Fantasy Science-Fiction

lahordeducontrevent

Récompensé de nombreuses fois, notamment par le Grand prix de l’imaginaire en 2006, encensé par la critique, mais surtout par les lecteurs, la Horde du Contrevent est le deuxième roman d’Alain Damasio. Disposant de notes dithyrambiques sur Babelio (4.47/5 sur 1182 notes !!) et Livraddict (17.7/20 sur 188 notes), je l’ai acquis il y a plusieurs années, mais attendant d’être véritablement dans l’ambiance pour lire ce fameux roman.

[su_heading size= »35″ margin= »0″]Quatrième de couverture[/su_heading]

« Un groupe d’élite, formé dès l’enfance à faire face, part des confins d’une terre féroce, saignée de rafales, pour aller chercher l’origine du vent. Ils sont vingt-trois, un bloc, un nœud de courage : la Horde. Ils sont pilier, ailier, traceur, aéromètre et géomètre, feuleuse et sourcière, troubadour et scribe. Ils traversent leur monde debout, à pied, en quête d’un Extrême-Amont qui fuit devant eux comme un horizon fou. »

[su_heading size= »35″ margin= »0″]Histoire[/su_heading]

Le vent, non aléatoire comme sur Terre, mais disposant de neuf formes différentes et bien distinctes, découle sur le monde à sens unique, de l’Extrême-Amont à l’Extrême-Aval. L’Hordre, siégeant à Aberlaas, la cité située le plus en Aval du monde, se trouvant au pied des falaises marquant la limite Aval, envoie, des Hordes, chargées de découvrir ce qui se trouve en Extrême-Amont, et de rencontrer les neufs formes de vents, car seules sept sont connues.
Chaque Horde est différente, choisie par le Traceur, le responsable de la Trace, du chemin à prendre, et dispose d’un nombre de membres et de rôles bien distincts.

La 34è Horde du Contrevent est dirigée par le Traceur Golgoth, 9è du nom, un être au courage et à la détermination surhumains mais manquant cruellement de savoir-vivre. A ses côtés, vingt-deux personnes l’épaulent, ou le suivent, dépendant de la formation de contre utilisée à l’instant T.
Partis très jeunes d’Aberlaas où les rafales sont douces, ils ont appris à contrer en contrant, ils se sont endurcis, ils ont acquis leurs propres techniques, ils ont développés leurs propres compétences, et nous les retrouvons, bien des années plus tard, alors que le roman commence, prêts à contrer un furvent, l’une des neuf formes de vent, l’une des plus violentes.

Ensemble, ils doivent contrer ce furvent. Contrer les rafales, qu’elles soient zéfirine, stèche ou slamino. Contrer les rafales de vent, contrer les sept puis les neuf formes, afin de réaliser leur quête : être la première Horde à atteindre l’Extrême-Amont.

[su_heading size= »35″ margin= »0″]Symboles[/su_heading]

L’aventure est contée par tous les membres de la Horde, tour à tour, qui prennent la parole. Chacun est défini avec un symbole, permettant au lecteur de savoir qui parle. Les vingt-trois membres sont définis tels quels :

  • Ω Golgoth, traceur
  • π Pietro Della Rocca, prince
  • ) Sov Strochnis, scribe
  • ¿´ Caracole, troubadour
  • Δ Erg Machaon, combattant-protecteur
  • ¬ Talweg Arcippé, géomaître
  • > Firost de Toroge, pilier
  • ^ Tourse, l’autoursier, oiselier-chasseur
  • ´, Steppe Phorehys, fleuron
  • )- Arval Redhamaj, éclaireur
  • ˇ• Darbon, le fauconnier, oiselier-chasseur
  • Horst et Karst Dubka, ailiers
  • x Oroshi Melicerte, aéromaître
  • (.) Alme Capys, soigneuse
  • <> Aoi Nan, cueilleuse et sourcière
  • Larco Scarsa, braconnier du ciel
  • Léarch, artisan du métal
  • ~ Callirhoé Déicoon, feuleuse
  • Boscavo Silamphre, artisan du bois
  • Coriolis, croc
  • Sveziest, croc
  • ]] Barbak, croc

Ces noms, ces symboles et ces rôles, on les retrouve à la fois en début de roman, et à la fois sur un marque-page fourni avec le livre, qui sert aussi (énormément !) de pense-bête.

[su_heading size= »35″  margin= »0″]Critique [/su_heading]

On va commencer par un gros point noir, histoire de mettre dans l’ambiance : ces fichus symboles ! Comment peut-on décemment et rapidement retenir vingt-trois symboles, vingt-trois noms et vingt-trois fonctions, en sachant que chacun prend la paroles sur, en général, une dizaine de lignes et un autre prend le relais ?? Ce n’est juste pas possible !
Certes, on arrive finalement et facilement à retenir les huit ou dix principaux, mais être constamment, et jusqu’à la fin du roman, obligé de regarder le marque-page, ce n’est pas agréable du tout et ça casse la lecture ! Au final, au bout d’un moment, je suis resté sur mes acquis, et n’ai plus cherché à savoir qui est qui car ça me coupait trop dans ma lecture, et on arrive à comprendre qui parle grâce au texte. Mais ce processus est long et frustrant.

En terme de narration, en oubliant le coup des symboles, on frôle quasiment la perfection. Mon dieu qu’est-ce que c’est bon ! Ils ont tous un parler différent, des expressions reconnaissables, et pour couronner le tout, Caracole et Sov (respectivement troubadour et scribe) ont un parler poétique, souvent en rime ou en vers. Vous allez rire et pleurer rien qu’avec des dialogues, et ça c’est vraiment fort !
En plus de ça, l’auteur a complètement inventé des dizaines et des dizaines de termes, liés au vent, à la Horde ou à l’univers en général. Bien que beaucoup ne soient pas expliqués, ne rendant pas la lecture facilement compréhensible par moments, ça donne un énorme cachet à l’œuvre, et en fermant le livre, que vous ayez aimé ou pas, vous ne pourrez pas dénigrer l’immense travail réalisé par Alain Damasio.
Du coup, l’univers est prenant, intégré à la perfection, et les difficultés de lecture ressenties ressemblent presque à une épreuve. Dans ce livre, au début fascinant mais difficile voire laborieux, on m’a forcé à contrer les pages comme la Horde contrait le vent. Les personnages ne le livrent peu au début, m’obligeant à voyager, parler et contrer avec des inconnus, et quand, enfin, les premières grosses difficultés furent franchies, la Horde s’est livrée, de plus en plus, s’ouvrant à moi, et là, à ce moment, quel bonheur mes amis !
Car les personnages, en plus d’être de différents narrateurs, ont vraiment une histoire, des affinités, des capacités hors du commun pour certains. Je suis prêt à parier que vous aller aimer Caracole, que vous aller aimer Golgoth, que vous aller le détester aussi. Que vous aimerez Aio, Callirhoé et Alme, et que vous aller adorer Erg Machaon, même si il est invisible sur les deux ou trois cents premières pages !

Le rythme est également très bien fichu. Les rares moments d’ennui sont présents à cause de quelques phases descriptives trop longues, ou de passages avec un peu trop de mots inventés et non expliqués, rendant la lecture peu confortable.
De nombreuses scènes tiennent plus du génie que de l’écriture, notamment le duel de troubadours, où Damasio montre clairement sa maîtrise des mots, des phrases, des rimes et de la poésie, même s’il l’avait prouvé depuis les toutes premières lignes.

C’est vraiment difficile de faire une critique complète de la Horde du Contrevent. Je vais plutôt rapidement synthétiser les points principaux, et vous laisser réfléchir ensuite, de votre côté.
La Horde du Contrevent se mérite. On en bave pendant un moment. On ne comprend pas tout, ni le vocabulaire, ni les personnages, ni les réels enjeux de cette quête vers l’Extrême-Amont. Mais je vous conseille vraiment de vous accrocher, de continuer, de contrer les pages, afin d’atteindre le fameux point où la Horde va s’ouvrir petit à petit, où vous allez vous-même vous lier d’amitié ou d’amour pour certains personnages. Où vous ferez partie de cette quête. Car la Horde du Contrevent, malgré ses défauts, sa difficulté, sa lourdeur parfois, son côté maladroit de temps en temps, est un chef d’œuvre. La 34è Horde du Contrevent c’est un Traceur, des piliers, un aéromaître, et tout ceux qui sont cités plus haut. Mais cette Horde là, c’est encore plus que ça. C’est vingt-trois personnages, vingt-deux amis, et vous.

Vous ne comprendrez pas tout, vous buterez sur mots inconnus ou inventés, mais c’est tout le principe.

Je ne garantie pas que vous allez aimer. Je n’ai pas tout aimé. Il a des défauts. Mais ses qualités sont extraordinaires, et la maîtrise de l’auteur est insensée. Il faut le lire au moins une fois dans sa vie.

[su_heading size= »35″  margin= »0″]Les plus et les moins [/su_heading]

Les Plus

– Une histoire originale et prenante
– Un récit unique, une façon de raconter unique
– L’univers et le vocabulaire inventé qui lui est lié
– Des personnages hauts en couleurs, tous avec un parler différent
– La rencontre avec vingt-deux amis
– Un livre qui met le lecteur à l’épreuve avec ses personnages

Les Moins

– Des phases descriptives un peu longues parfois
– Des passages comportant trop de termes inventés non expliqués
– Les symboles, imagés mais lourds à intégrer

Plume-04

[su_heading size= »35″  margin= »0″]Conclusion [/su_heading]

J’ai mis du temps à me mettre dans l’ambiance et le lire. Il est loin d’être dénué de défauts, mais il fait partie de ces romans que l’on doit lire une fois dans sa vie.

Moi c'est Fabien, 26 ans ! J'ai toujours eu une imagination débordante et un caractère extrêmement lunatique, aussi l'écriture et la lecture se sont imposées à moi très facilement. Passionné de Fantasy notamment (et surtout de magie), ainsi que de thrillers et de polars, je m'ouvre petit à petit à la science-fiction et au reste. Mes livres préférés font souvent partie de l'univers de la Fantasy, et sont pour la plupart dotés d'univers très étoffés, et très bien intégrés au récit. Achetant d'innombrables livres, je suis complètement envahi et mes bibliothèques ne tiennent plus sous le poids des romans, d'autant que je suis un inconditionnel du grand format ! Dans les librairies, je suis toujours à chercher dans un recoin sombre le livre caché qui m'attirera, et je suis très peu attiré par les "grands auteurs". Dans tous les cas, il y aura toujours de la place pour des livres chez moi !

6 Commentaires

  1. Je l’ai lu il y a très longtemps et je me souviens avoir trouvé cet univers très particulier mais très bien conçu. J’avais aimé le fait que chaque personnage soit caractérisé par sa façon, unique, de s’exprimer. Toutefois, j’avoue avoir été déçue par la fin et en même temps, cela ne pouvait finir autrement.

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    • Merci pour ton commentaire !

      J’ai lu que beaucoup de personnes ont été déçus par la fin. Je l’ai été un tout petit peu, je l’avoue, mais pas tant que ça, car j’avais deviné, presque dès le début, que ça finirait comme ça. Comme tu dis, ça n’aurait pas vraiment pu finir autrement de toute façon. Ça manque peut-être de poésie et de rêve, mais c’est la logique des choses, alors pourquoi pas 🙂

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  2. Alors ça y est, tu as franchi le cap 🙂

    C’est vrai qu’il faut de la patience, mais ça vaut tellement le coup ! Je pense que tout amateur de littérature devrait faire l’effort le lire cette oeuvre. C’est vachement mieux que Germinal 😛
    Au fond, même si la fin est prévisible, ce n’est pas important. Dans un voyage, l’arrivée compte moins que le chemin parcouru. Et ici, même si le récit ne répond pas à toutes les questions qu’il soulève, j’ai ressenti une forme de quiétude lorsque j’ai atteint la fin. Il y a une forme d’équilibre abstrait qui se dégage de la conclusion. Un sentiment étrange et apaisant.

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    • Enfin ouais !

      Je suis totalement d’accord avec tout ce que tu dis. Comme pour les Thanatonautes, je pense que tout le monde devrait lire La Horde du Contrevent. C’est plus une quête initiatique qu’une simple œuvre littéraire.

      De même pour le chemin plus important que l’arrivée. La fin m’a semblé logique au final, et comme tu dis, « équilibrée ». Comme la terminaison d’une boucle qu’on attendait depuis tellement longtemps qu’elle fait du bien, et pas que.

      Toute façon c’est impossible, je pense, de décrire correctement avec des mots ce qu’on peut travers avec ce livre-là. Si les gens pouvaient lire nos pensées ou nos frissons, les décrypter pour savoir à quoi ils correspondent, ils comprendraient certainement mieux ! 🙂

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  3. Du coup je découvre votre site, et voilà un titre que je connais de reputation au moins. J’ai toujours voulu le lire en voyant les avis des lecteurs mais c’est perturbant de voir que personne n’arrive à décrire correctement cette expérience … C’est vraiment tentant mais n’étant pas une grande lectrice j’hésite depuis longtemps

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    • Comme dit dans am critique, je pense que tout grand amateur de lecture se doit de lire La Horde du contrevent. Après, c’est vrai que si tu n’es pas lectrice assidue, ça peut être compliqué, surtout au début. Mais bon, dans tous les cas je te dirais de foncer, et tant pis si le début est difficile.

      Au fond, il ne te coutera rien à l’emprunter dans une bibliothèque !

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