L’Aigle de Rome – Wallace Breem

Coups de coeurs Romans historiques

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L’Aigle de Rome est une réédition d’un roman de Wallace Breem datant de 1970 (« Un Aigle dans la Neige »).

J’ajoute également cette mention : « L’Aigle de Rome a servi d’inspiration au réalisateur Ridley Scott pour son film Gladiator », présente sur la quatrième de couverture. Cette phrase, plus que le résumé de l’histoire a motivé mon achat.
Je lis également, sur cette même couverture, que c’est basé sur énormément de faits historiques. Rien de mieux pour me convaincre, allons-y !

Quatrième de couverture

Dépêchés en Germanie pour protéger la frontière orientale de l’Empire, le général Maximus et la XXe légion Valeria Victrix doivent faire face à des tribus barbares invaincues. Abandonnés par une administration corrompue, sans renforts et uniquement protégés par le Rhin, Maximus et ses légionnaires devront accomplir l’impossible pour espérer survivre. Car sur l’autre rive, plus de deux cent mille Germains s’amassent, prêts à fondre sur la Gaule et sur Rome.

Histoire

L’histoire se déroule au sein l’Empire Romain entre l’an 350 et l’an 410 après J-C. L’Empire n’est pas au plus haut de sa forme, les barbares à la frontière du Rhin menacent grandement d’envahir la Gaule, d’autant que les Huns ont débarqués en Germanie et menacent ces mêmes peuples barbares, qui tentent donc de « fuir » par la Gaule.

Nous suivons Gaius Paulinus Maximus, ou Maximus, « simple » général romain, alors que ses supérieurs lui ordonnent, à lui et ses troupes, d’aller défendre le Mur d’Hadrien, au nord de l’Angleterre, contre l’invasion des barbares Anglo-Saxons (Pictes et autres Scotts).
Nous allons suivre ses pérégrinations jusque là-bas, voir sa façon de commander aux hommes, vivre son mariage, nouer avec lui des liens avec un certain nombre de personnage, ou en briser.

Il passe quelques années de sa vie là-bas accompagné de son bras droit Quintus et après plusieurs évènements se passant au Mur ou en Gaule romaine, Maximus est enfin envoyé en Germanie, au bord du Rhin, pour défendre la frontière. Celle-ci est extrêmement fragilisée à cause des erreurs du précédent général envoyé là-bas.
Maximus, à la tête d’une seule légion seulement (environ 3 300 hommes), doit donc empêcher les barbares, estimés à plusieurs dizaines de milliers, de traverser le Rhin et d’envahir la Gaule.

Nous allons donc suivre Maximus et sa légion, dans la défense de la Gaule entière, qui se joue sur une frontière de quelques kilomètres de long. Et même avec cette lourde responsabilité, notre héros doit se heurter à l’administration romaine, pour avoir ne serait-ce que de la nourriture pour ses troupes, déjà en sous-nombre. Nous sommes confrontés à un homme simple, ayant un sens du devoir infini, qui assiste au défilement des élites politiques et économiques à la moindre demande, ne servant que leurs propres intérêts.
Entre organisation militaire, manœuvres politiques, diplomatie et bataille, on est tenus en haleine !

Critique

Je ne vais pas le cacher longtemps, la première partie du roman m’a parue très longue. A un moment, lorsque Maximus était toujours perdu dans le nord de l’Angleterre, j’ai failli fermer le bouquin définitivement.
Cette première partie est indigeste. La narration est bancale, et l’auteur nous donne tant de choses à assimiler en même temps qu’il est difficile de tout retenir. Le tout est saupoudré d’ellipses incessantes qui n’aident en rien.
Il y a des choses intéressantes, bien entendu. Nous suivons l’amitié puis le déchirement entre lui et son ami Julianus, qui deviendra l’antagoniste personnel de Maximus, et dont on suivra également l’aventure au travers des conversations qui lieront les deux hommes au fil du récit, et toute cette phase sert à donner du vécu à ses personnages, ce qui marche vraiment bien ! Maximus m’a très rapidement touché, et l’empathie s’est faite très simplement.

Toujours est-il que, ces cent premières pages, bien que rebutantes, ne doivent en aucun cas vous éloigner de ce livre-là. Les 400 restantes font de l’Aigle de Rome un coup de cœur immense.

Lorsqu’il est envoyé au bord du Rhin, on vit réellement les évènements avec Maximus. Je me suis senti très proche de lui, de ses problèmes, de ses décisions, et je pense que c’est une des grandes forces de ce roman.
Livré à lui-même et abandonné de tous, il doit tout organiser et créer une armée opérationnelle, tout en masquant ses forces et faiblesses aux envahisseurs qui attendent la moindre occasion de traverser le Rhin. Stratège, il œuvre avec force pour retarder l’échéance et repousser chaque tentative ennemie de poser le pied sur Sa rive. Toute cette organisation a vraiment été très intéressante à suivre, pour ma part, fan de jeux de stratégie et m’intéressant aux grandes batailles de l’Antiquité.

Nous allons également vivre de longues phases diplomatiques avec les différents chefs barbares, avec leur lots de provocations, de tromperies etc, qui m’ont réellement tenu en haleine.

Et enfin il va y avoir des scènes de batailles. Rien n’est plus difficile que d’écrire et de décrire une scène de bataille (comme d’en faire une au cinéma), et là je les ai trouvés jouissives !
Elles tiennent en haleine, elles sont décrites à la perfection. L’auteur nous fait réellement vivre la bataille plus que nous la raconter. La bataille finale, qui se termine dans les toutes dernières pages, m’a essoufflé autant que les soldats qui y combattaient.

Je trouve finalement les personnages très réussis, que ce soit Maximus, Julianus, les chefs Barbares comme les dignitaires Romains.
Le nombre de personnages utilisés ou cités est par contre très conséquent. On se perd assez souvent avec tous les noms qui peuvent apparaître dans certains dialogues ou descriptions. Heureusement, une liste figure en fin de récit.

Le dernier défaut qui me vient en tête concerne le nombre de termes techniques utilisés. Encore une fois, le lecteur a accès à un dictionnaire, ce qui permet de ne pas être perdu, mais le rythme de lecture peut être coupé, et ce, un peu trop souvent, pour qui n’est pas fin connaisseur de l’Empire Romain et son vocabulaire.

Passage du livre, sans révélations

Dialogue entre le Curator de la ville voisine du camp et Maximus, avant l’une des batailles :

« – Tu as très peur n’est-ce pas ? dis-je. Moi aussi. Mais j’ai trop peur pour en être malade.
– Mais toi, tu es un soldat… dit-il.
– Oh, oui, mais ça n’empêche pas d’avoir peur. Nous avons tous peur : c’est l’attente avant l’évènement qui veut ça. C’est bien moins dur quand on est en ordre de bataille et qu’on guette le signal pour avancer sur l’ennemi. Alors tu sens ta propre sueur, mais aussi celle des hommes qui t’entourent. Tu te raccroches à l’idée qu’ils sont là pour te protéger, sur ta gauche comme sur ta droite. Vous vous soutenez mutuellement avec des plaisanteries de bravaches, même si vous avez la gorge sèche, et chacun en rajoute, et vous faites comme si c’est un jeu, comme toutes les séances d’entrainement que vous avez effectuées auparavant. Vous prétendez que le pire qui puisse vous arriver est d’être sermonnés par le légat ou d’écoper d’une corvée supplémentaire infligée par un centurion irascible. Ensuite, on sonne l’ordre d’avancer et les rangs s’ébranlent ; inévitablement, vous vous écartez les uns des autres pour éviter un rocher ou contourner un buisson, et d’un coup tes compagnons ne sont plus juste à coté de toi. Tu vois l’ennemi qui lance ses javelines, des hommes crient et s’écroulent. Tu ne te soucies même pas d’être touché : c’est le plus étrange dans l’histoire. Tu as l’illusion d’être invulnérable, comme chaque soldat. C’est toujours celui d’à côté qui sera blessé ou tué, jamais toi. Et plus nombreux sont ceux qui tombent, alors même que ce sont tes compagnons, plus tu te sens invulnérable. Si on n’éprouvait pas cette sensation, on ne pourrait pas avancer d’un seul pas.
Je me tus un instant. Son visage avait perdu cette expression terrifiée, momentanément en tout cas. Il était fasciné par mon discours.
– Mais à mesure que tu te rapproches de l’ennemi, une sensation d’isolement terrible t’envahit. L’homme sur ta gauche, à dix pas, pourrait aussi bien se trouver à dix mille pas. Et ce sentiment de solitude s’accroit, et s’accroit encore, jusqu’à ce que tu sois certain d’être le seul homme de toute ton armée à avancer encore. C’est alors que tu ressens la peur, c’est alors que tu as envie de faire demi-tour et de fuir. […] Tu te bats, c’est tout, et tu continues de te battre jusqu’à ce que ce soit fini.« 

Les plus et les moins

Les Plus

– Les 400 pages suivantes.
– Très, très bien écrit. Littérature fluide et très rythmée. J’ai réellement vécu le récit.
– Les personnages, réussis et réalistes, et auxquels je me suis facilement identifié.
– Tout est logique, bien pensé, que ce soit dans la diplomatie, l’organisation etc.
– Scène de batailles vivantes et extrêmement bien écrites, je me suis retrouvé essoufflé en même temps que Maximus ! Épique !
– Une fin magnifique.

Les Moins

– Les 100 premières pages. C’est très subjectif, mais ces pages ne correspondait absolument pas à l’idée que je me faisais de l’histoire, en plus d’être bancales et bourrées de superflu.
– Termes techniques et personnages cités (trop ?) nombreux, qui peuvent casser la lecture pour qui n’est pas habitué.

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Conclusion

Je ne peux faire de meilleure conclusion que cette fameuse phrase, en dehors du récit, à la fin du roman :
« D’ailleurs quel lecteur ne s’est pas senti un peu légionnaire le temps d’un passage ou d’un chapitre de ce livre ?« . Moi, en tout cas, ça m’est arrivé, et je ne peux que le conseiller à tout le monde.

Sideara
Moi c'est Fabien, 26 ans ! J'ai toujours eu une imagination débordante et un caractère extrêmement lunatique, aussi l'écriture et la lecture se sont imposées à moi très facilement. Passionné de Fantasy notamment (et surtout de magie), ainsi que de thrillers et de polars, je m'ouvre petit à petit à la science-fiction et au reste. Mes livres préférés font souvent partie de l'univers de la Fantasy, et sont pour la plupart dotés d'univers très étoffés, et très bien intégrés au récit. Achetant d'innombrables livres, je suis complètement envahi et mes bibliothèques ne tiennent plus sous le poids des romans, d'autant que je suis un inconditionnel du grand format ! Dans les librairies, je suis toujours à chercher dans un recoin sombre le livre caché qui m'attirera, et je suis très peu attiré par les "grands auteurs". Dans tous les cas, il y aura toujours de la place pour des livres chez moi !

2 Commentaires

  1. salut j’ai vu ta critique sur babelio et le livre mintéresse vraiment bcp je suis fan de l’empire romain et je voudrais savoir si l’histoire a un rapport avec gladiator ?
    en tout cas génial votre site

    Répondre
  2. Sideara

    Salut, merci pour tes encouragements !
    Et non, l’histoire n’a pas de rapport avec Gladiator, en vérité. Mais l’ambiance du livre, et le personnage de Maximus peut vraiment y faire penser :)
    Je l’ai acheté surtout pour ça, et même si ça n’a pas de rapport je n’ai absolument pas été déçu en tout cas !

    Répondre

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