Le mot de l’auteur : Dominique Durand

Le mot de l'auteur

Aujourd’hui, nous publions avec grand plaisir l’interview, réalisée il y a peu, de Dominique Durand, auteur français.

 

Bonjour Dominique, et merci encore d’avoir accepté de répondre à nos questions !

Dominique Durand, l’auteur

Sur la biographie qui figure sur votre site officiel on peut y lire que vous avez écrit de nombreuses choses dans de nombreux domaines, mais sans succès pendant un moment, vos écrits ne parvenant pas à convaincre les éditeurs.
On peut également y lire que vous avez fait une pause dans l’écriture, durant quelques années.
Quel a été pour vous le déclic pour reprendre l’écriture ?

https://www.dominique-durand.com/wp-content/uploads/2016/02/danse_avec_le_temps-209x300.jpgJe disposais de plus de temps de libre à cette période, mes enfants étant plus grands. En 2008, j’ai rencontré une journaliste qui venait de lancer un magazine gratuit diffusé sur Fontenay et ses environs. Je lui ai proposé d’écrire tous les mois une nouvelle. Elle m’a mis au défi en me disant OK, le prochain magazine sort dans quinze jours pour les fêtes. Proposez-moi une nouvelle ayant trait à Noël. Je me suis mis au travail avec un peu de pression. Finalement le texte lui a plu et j’ai continué à écrire deux ans dans ce magazine. Devant les bons retours de mes textes, je me suis attelé à l’écriture d’un roman. Sans conviction, je l’envoie à six maisons d’éditions et deux répondront favorablement, à ma grande surprise, puisque mon ouvrage mêlant  régionalisme et fantastique, sortait des sentiers battus pour des éditeurs régionaux.

En assurant la promo de ce premier roman « Danse avec le temps », je rencontre un éditeur qui venait de monter sa maison d’édition et qui m’avoue avoir adoré mon ouvrage et regrettait de ne pas l’avoir publié. Touché par son intérêt, j’écris dans la foulée un deuxième roman et lui envoie. Il l’accepte sans problème et depuis, nous avons fait six romans ensemble. Je crois beaucoup aux rencontres. Si j’écris, si je suis publié et lu aujourd’hui, c’est grâce à ces deux personnes qui m’ont mis le pied à l’étrier alors que je doutais vraiment de la valeur de mes écrits.

A quel moment vous-êtes vous dit « cette fois je vais y arriver » ? Avez-vous des conseils pour tous les jeunes auteurs qui « galèrent » ?

Je me suis jamais dit cette phrase pour la simple raison que je suis quelqu’un qui doute beaucoup et que je n’ai pas une grande confiance en moi. Et puis y arriver  ? A quoi  ? Certains pensent que le Saint Graal est d’être édité, mais ça ne suffit pas. Reste un gros investissement en temps pour faire découvrir ses livres et se constituer un lectorat. Ce sont les événements qui ont décidé de mon parcours. Reste un constat. Pour écrire, il faut avoir la fibre, un style, et ça, ça ne s’improvise pas. Ce doit être quelque chose d’inné à la base. Et après  ? Le succès repose sur la qualité de son texte. Pour y parvenir, pas de miracle. La recette du succès, pour moi  c’est 5  % de don ou de talent à la base et surtout de 95  % de travail.

Pour en revenir à votre question, j’ai considéré « y être arrivé » quand je me suis rendu compte que mes romans intéressaient les gens, qu’il restaient fidèles à chaque parution. Ce sont eux qui décident que ça dure ou pas alors je les remercie dès que je le peux du cadeau, de la récompense qu’ils me font en me suivant. La véritable consécration pour moi serait d’être diffusé nationalement, puis traduit dans le monde entier et de vendre des millions de livres. C’est pas interdit de rêver  !


Beaucoup de jeunes auteurs me confient leur manuscrit en me demandant un avis et très souvent, les texte n’est pas assez travaillé, pas assez abouti. Écrire un roman, c’est une chose, mais l’un des plus gros travail est la relecture et l’enrichissement. Chaque phrase doit couler, ne doit pas accrocher. Le texte doit se dérouler, se faire oublier, pour laisser place à l’histoire. Alors si je peux donner un conseil, travaillez, cent fois sur le métier remettez votre ouvrage, et puis évidement tentez votre chance. Je doutais en envoyant mon premier manuscrit aux éditeurs. Il faut persévérer et si ça ne marche pas à un moment de votre vie, ressayez plus tard, parfois la maturité déclenche des choses. Et puis souvent ce sont les rencontres qui ouvrent des portes alors n’hésitez pas à aller à la rencontre des éditeurs, sur les salons par exemple.


Un autre conseil, fuyez les fausses maisons d’édition qui font du compte d’auteur, qui vont vous demander des milliers d’euros en vous garantissant le succès. Une seule règle à savoir  : Un éditeur, un vrai, ne demande jamais d’argent à un auteur  ! S’il croit à la valeur, la qualité de vos écrits, c’est lui qui va prendre les risques en vous publiant.

La « blogosphère »

Lors de notre première rencontre, quand je me suis présenté comme blogueur littéraire, vous m’aviez confié que vous découvriez à peine, ou presque, cet univers des blogs littéraires.

Comment avez-vous découvert ce qu’on appelle la « blogosphère » ? Était-ce, à ce moment, une agréable surprise, ou étiez-vous plutôt dubitatif ? Quel est votre avis aujourd’hui ?

C’est un milieu que je connais peu. Et pourtant, il n’est pas à négliger. Ce sont souvent de véritables passionnés de lecture et ils sont souvent suivis par d’autres passionnés et c’est un autre moyen de faire découvrir ses ouvrages. C’est ma fille qui m’en a parlé l’été dernier et je me suis lancé. J’ai fait de belles rencontres et je pense que c’est un moyen de communication supplémentaire et l’occasion d’échanger avec des gens sincères.

En tant qu’auteur, de quel œil voyez-vous cet univers là ?
Quels sont les points positifs et négatifs que vous retenez à propos des blogs ? Quelles sont les différences entre ce média et ceux plus traditionnels, mais aussi souvent plus professionnels, des journaux et magazines spécialisés ?

C’est un moyen de toucher un plus grand nombre de lecteurs et d’avoir des avis assez pertinents qui sont toujours utiles à l’auteur pour améliorer et enrichir son écriture. Cependant, les blogs ne sont pas tous de mêmes valeurs et certains pour moi ne sont pas forcément aptes à porter un jugement intéressant. Je pense qu’il faut, là aussi, sélectionner. Ils sont complémentaires des médias et ne constituent en rien une concurrence. Tous les auteurs vous le diront. Ils ont beaucoup de peine à faire connaître leurs livres et tous les supports sont les bienvenus.

Avez-vous de bonnes ou mauvaises expériences à nous raconter ? Ou des situations amusantes ou franchement étonnantes en rapport avec nos confrères ?

J’ai eu une très bonne expérience avec deux jeunes gens passionnés rencontrés par hasard lors d’une dédicace. Ils m’ont fait des analyses précises et très pertinentes de mon dernier roman. Nous avons même pris le temps nous rencontrer et d’aller boire un petit café ensemble. C’est rare pour être souligné et c’est pour moi un plaisir de répondre en ce moment à leur enquête  !

J’ai eu une mauvais expérience. Une personne qui a fait une critique sur Mila, mon dernier opus, l’a encensé en lui donnant une très bonne note. Malgré tout, elle a souligné des détails d’une manière très négative, voire blessante, et, pour ma part, complètement injustifiée, des « détails » qui constituent 80  % de son article. Je lui en ai fait part. Elle n’a pas daigné changé sa critique qui figure donc sur le net aujourd’hui.
C’est le jeu certes, et j’accepte toutes les critiques, encore faut-il qu’elles soient justifiées et argumentées et là, ce n’était vraiment pas la cas. Et puis, il faut un minimum de cohérence, on ne peut pas dézinguer un livre et lui mettre un 5/5  !

Vos romans, vos inspirations

Sur votre site, vous dites « faire évoluer des personnages lambda dans des situations extraordinaires ».
Pourquoi ce choix ?

Parce que je crois que ça correspond à mon style, tout simplement. J’aime démontrer que l’homme, confronté à des situations inattendues possède bien plus de ressources qu’il ne l’imagine pour s’en sortir. Et puis, c’est jubilatoire pour un auteur de s’amuser à le repousser dans ses derniers retranchements. Le lecteur se met plus facilement à la place de personnes ordinaires, dans laquelle il peut se reconnaître et se prend ainsi plus facilement au jeu. Le tout est de l’amener à croire à ses situations extraordinaires. C’est pour cette raison que mes romans sont extrêmement argumentés.

L’un de vos premiers romans publiés, « Danse avec le temps », se déroule en Vendée, votre terre natale, et parle plus précisément du pont de Longèves, une petite commune du département.
Sur votre site, vous déclarez votre amour pour ce petit livre qui a un peu lancé votre carrière.
Conseillez-vous « Danse avec le temps » comme premier livre à un nouveau lecteur qui cherche à vous découvrir ?

Rires. Non, pas vraiment. C’est un premier roman, et il en a les défauts. Histoire sans doute pas assez développée, quelques clichés qui traînent. Il a tout de même la particularité d’être hors norme, mêlant régionalisme et fantastique. C’est cette originalité qui avait plu aux maisons d’édition.
Cela dit, je ne le renie pas. Il m’a vraiment mis le pied à l’étrier.

https://www.dominique-durand.com/wp-content/uploads/2016/02/la_petite_soeur_du_vent-210x300.jpgHonduras, France (Vendée, région parisienne, Bretagne …), États-Unis, Antarctique, Espagne, Italie, Vatican … Grâce à vous, les lecteurs (et vos personnages) voyagent un peu partout dans le monde.
Êtes-vous passionné de voyages ? Comment cette envie de changer aussi radicalement de décor vous est venue ?

Je me cherchais dans mes deux premiers roman alors j’ai parlé de ce que je connaissais le mieux. Mon univers proche. Mon premier roman se passe à Longèves et le deuxième se passe à Fontenay le Comte, dans ma Vendée natale. C’était une façon de faire mes premières armes.
J’avais déjà  l’idée d’aller beaucoup plus loin. J’ai franchi le pas avec « La petite sœur du vent » mon premier véritable roman à mes yeux qui entraîne l’héroïne sur les traces de son père en Alaska et en Guyane. Un roman qui m’a appris la rigueur et à véritablement travailler en amont. Deux mois de documentation ont été nécessaires bien avant l’écriture. Il a tout de suite été encensé par la critique et les lecteurs. C’est véritablement là que tout c’est joué. Et c’est là que j’ai compris que c’était ma voie. Transporter les lecteurs dans des aventures extraordinaires aux quatre coins de la planète, c’est jubilatoire, non  ? Et puis je dois ce style particulier à mes maîtres qui m’inspirent encore aujourd’hui. L’on retrouve dans mes ouvrages le côté aventure de Jules Verne, Tintin, le côté suspense de Stephen King et le côté étrange de Wells. On ne se refait pas  ! Ils ont nourri ma jeunesse et j’en suis bien imprégné je crois.

J’ai été très impressionné, lors de ma lecture de « Mila« , par votre capacité à introduire du fantastique dans un récit pourtant très réaliste. Comme dit dans ma critique, j’ai trouvé que c’était fait à la perfection, et pour moi c’est un modèle du genre.
Je n’ai pas encore lu toute votre bibliographie, mais le travail effectué sur « Mila » est bien plus subtil que pour les autres.
C’est quelque chose que vous avez beaucoup travaillé pour ce roman ? « Mila » a t-il demandé plus de temps de travail ou de rigueur que les autres ?

C’est certain. d’ailleurs, j’avais l’idée de Mila il y a quatre ou cinq ans mais la masse de travail me paraissait énorme alors j’avais repoussé le projet. Il y a deux ans, la maturité et l’expérience aidant, je m’y suis recollé. Là aussi, il m’a fallu me documenter énormément pour rendre mon récit crédible, tant sur les pays et continents traversés que sur les méandres de la mémoire, la télékinésie… C’était indispensable avant de commencer à écrire le moindre mot. Beaucoup de lecteurs sont réticents à lire du fantastique alors je m’attache à ce que ce ne soit pas la partie la plus présente dans le livre mais une touche supplémentaire qui amène un côté mystérieux non négligeable. Et puis, vous avez pu le constater, j’essaie de rendre mes personnages terriblement attachants en travaillant sur leur ressenti. C’est très présent dans mes livres. Ce n’est pas très courant dans ce qui se fait en général. Je n’essaie pas de copier, bien au contraire, d’avoir ma patte personnelle. Ça permet aux lecteurs d’avoir une profonde empathie pour mes héros de papier et de prendre du plaisir, je l’espère, à suivre leur pérégrinations.
Mila est aussi mon plus long roman, près de 400 pages. Je voulais pour cet ouvrage, aller encore plus loin dans l’histoire, travailler sur le passé de mes personnages.

Toujours sur Mila, j’ai souligné, dans cette même critique, que « je n’avais jamais lu d’histoire se rapprochant de près ou de loin à Mila ».
Ceux que murmurent les étoiles est aussi très original. Et votre autres livres, que je n’ai pas encore lus, ont l’air de l’être tout autant.
Dans un monde où de plus en plus de livres sont publiés, et où les auteurs en herbe se découragent souvent de ne rien pouvoir faire de très original, comment arrivez-vous à trouver ces idées-là ? Encore une fois, que pouvez-vous conseiller aux jeunes auteurs ?

On croit toujours que tout a été fait, tout a été dit. C’est pareil pour la chanson, la musique et pourtant, on découvre toujours de nouvelles choses. Tout est un éternel recommencement. Les thèmes abordés dans mes livres l’ont forcément déjà été, mais c’est le traitement de ce que l’on en fait qui peut différencier.  Le voyage dans le temps est l’un des thèmes qui me fascine. Je l’ai exploré dans mon premier roman et l’ai réutilisé pour « Il est un Autre Temps », mais l’originalité de l’histoire  est si forte qu’elle gomme un thème cent fois rabattu. Alors oui, c’est vrai, quand je suis en recherche d’idées, je me sers d’informations que j’ai entendu, ici ou là, à la télé, la radio, ou que j’ai lu dans un magazine, juste une phrase parfois et ça gamberge pas mal dans ma tête avant d’avoir le déclic, l’idée originale, celle qu’il ne me semble pas avoir été exploitée et là, ça bouillonne encore pas mal de temps. Je laisse mûrir tout ça dans ma tête quelques jours, semaines, mois, en y repensant de temps en temps et puis, ensuite, l’idée générale du roman m’apparaît très clairement.

La première fois, ça m’est vraiment arrivé pour La petite sœur du vent. Seul dans ma voiture, je revenais d’une séance de dédicace à Cholet. Il faisait noir. J’étais dans cette phase là et d’un coup, le roman m’est apparu direct dans la tête. Une idée extraordinaire et je m’en voulais de ne pouvoir la noter tout de suite. Je suis arrivé à la maison, me suis précipité sur un cahier et j’ai écrit cinq pages retraçant quasiment la trame du roman final. Déjà, à ce moment là, je savais que je tenais une pépite.


Pour les jeunes auteurs, je leur conseillerai d’éviter à tout prix de reproduire ce qui a été fait. Je vois énormément de « copies », principalement dans la fantasy. Ce n’est pas parce qu’on a aimé un livre qu’on doit en reproduire un fac-similé. En revanche, on peut se servir d’une idée, la retravailler en en présenter quelque chose d’original. Tout est une question de patience. On doit essayer d’écrire le livre que l’on aurait aimé lire sans jamais l’avoir trouvé.

Pouvez-vous d’ailleurs nous parler de vos méthodes de travail ? Diffèrent-elles selon les romans ?

Je vous ai parlé de l’idée générale qui est la base du roman. Quand j’ai terminé un ouvrage, je me pose toujours la question. Quels nouveaux thèmes aimerais-tu aborder dans un prochain livre  ? Quand il est sélectionné, je regarde si dans mes centaines de petites notes dans mes tiroirs s’il peut y avoir une corrélation, une alchimie entre un fait, un événement, dans la thématique choisie et si c’est le cas, j’essaie de dégager sur une simple feuille une première idée de plan. Un exemple, je suis fasciné depuis toujours par l’Égypte ancienne. Après Mila, j’avais envie d’abordé un sujet assez mystérieux pas encore abordé, à savoir la question de l’existence ou non d’une vie après la mort. Un sujet difficile que je ne savais pas trop comment aborder. En utilisant en toile de fond l’Égypte Ancienne, et ses cultes liés à la mort, j’ai tout de suite su qu’en liant ces deux thèmes, je tenais un sujet intéressant.

Comme je tiens à argumenter et à être très précis dans mes romans, j’ai passé un été à lire des ouvrages traitant des deux sujets avant de travailler à un plan précis, puis un chapitrage précis. Ensuite, je détaille dans un cahier chaque chapitre. J’imagine les scènes, un peu comme dans un film en veillant toujours à la cohérence générale. Quand ce très lourd travail est fait, je rédige un plan général sur A3 avec tous les chapitres, la description générale, la chronologie. Pour mieux imaginer, visualiser mes personnages principaux, je feuillette des magazines, voir des catalogues à la recherche physique de mes personnages. Je les découpe et les réunit, par collage, les nomme. Tâche oh combien difficile car les prénoms et noms sont extrêmement important pour la crédibilité.  


Ensuite, quand tout ce travail est fait, imaginez, je suis à mon bureau, les personnages de papiers punaisés près de moi, près du plan général. J’ai ouvert le cahier de chapitrage, puis un autre, grand cahier à spirales petit carreaux, vierge celui-ci, je mets un fond musical, et laisse le crayon courir sur la feuille.

Y a t-il une part de vous-même dans chacun de vos livres ou de vos personnages ?

Ce sont des fictions. Mes personnages sont très divers mais oui, foncièrement, il y a un part de moi en eux. Il ne peut en être autrement puisque le livre sort de mes tripes.

 Je vais dire le côté bienveillant, humaniste, c’est sûr, et puis mes personnages doutent beaucoup d’eux, souvent, même s’ils vont se surpasser, ce que je tente de faire régulièrement pour combattre ce manque de confiance qui fait partie de ma nature.

Je vous en ai parlé plusieurs fois, et je l’ai aussi souligné dans la critique de Mila, mais les couvertures de vos romans sont superbes. Elles ont beaucoup participé à nos achats communs à Ysyhteha et moi-même. Vous nous aviez expliqué qu’elles étaient l’œuvre d’une seule personne.
Pouvez-vous la présenter aux lecteurs ?

https://www.dominique-durand.com/wp-content/uploads/2016/10/premi%C3%A8re-couv-Mila-211x300.jpgJe suis sûr que le succès de mes romans est également lié à ces magnifiques couvertures  On m’en parle souvent. Je les dois à ma fille Auriane. http://aurianedurand.wixsite.com/scenographe Elle  possède un diplôme des beaux arts, poursuit des étude de scénographie  et a une âme d’artiste, un héritage, sans doute  ! Pour mes deux premiers romans, elle a peint des toiles qui ont servi aux couvertures et à partir de La petite sœur du vent, nous avons utilisé des images provenant de banques, qu’elle a travaillé, assemblé sur des logiciels appropriés. Elle fait également une grosse recherche de police qui est également  un élément clef de la couverture. Une police parle autant qu’une image. Je regrette d’ailleurs que la plupart des éditeurs les négligent et utilisent souvent des passe-partout.
C’est un travail commun qui nous réunit chaque début juillet depuis huit ans. Nous sectionnons des centaines d’images, travaillons sur des idées, peaufinons. C’est un grand plaisir de collaborer avec ma fille, ma première lectrice et confidente de mon travail de romancier. J’écoute beaucoup ses avis. Elle a souvent raison. C’est un moment de complicité que j’affectionne et quand on voit le résultat, je me dis que nous formons une bonne équipe. Je dois également saluer mon éditeur qui nous laisse cette grande liberté car rares sont les maisons d’éditions qui acceptent les propositions de couverture de leurs auteurs.

La narration et l’intrigue de « Ce que murmurent les étoiles » m’a beaucoup fait penser à un film. J’ai eu l’impression qu’il était un peu monté comme un film hollywoodien (collant parfaitement à l’ambiance américaine du récit, cela dit).
Partagez-vous cette impression ?

C’est vrai. Je l’ai conçu en ce sens en visualisant dans mon esprit les scènes. Une façon de retranscrire l’ambiance américaine, grands espaces, scènes d’action rythmées, moments intenses de dépassement de soi (je pense à la grotte), et puis le final digne des superproductions. Cela correspondait à l’esprit du livre, mais beaucoup de lecteurs me disent que tous mes romans feraient de très bons films, alors je pense que c’est également lié à mon style d’écriture.
Quand on commence un chapitre, il y a mille angles différents de l’aborder et je me mets souvent dans la peau d’un metteur en scène ou d’un réalisateur lançant le clap  : Action  !

Malgré cet aspect très film dans ce roman, je rêve maintenant de découvrir une adaptation cinématographique de Mila, qui, je pense, s’y prête énormément également.
Aucun réalisateur ne s’est pointé chez vous pour le moment ?

Non, hélas Quoique…. J’ai rencontré un jeune homme, fan absolu de mes romans qui me fait des super critiques. Il travaille dans l’audiovisuel et a fait des études en ce sens. Il m’a dit qu’il adapterait mes romans au cinéma si un jour il en avait la possibilité.

Mon problème est le problème des auteurs n’ayant pas de maison d’édition nationale. Mes livres ne sont pas assez diffusés  et il y a peu de chances qu’ils tombent entre les mains de personnes susceptibles d’être influentes et intéressées pour des projets cinématographiques, et je le regrette. Je perds des milliers de lecteurs à cause de ça. Mes romans sont universels et pourraient être lu dans tout le pays mais les grosses maisons sont inaccessibles et réservés à une élite, aux gens du sérail, du milieu. C’est mon seul véritable regret à ce jour. C’est pour cette raison que j’essaie de me battre pour les faire connaître. C’est un combat permanent.


Mila ferait un excellent film, tout comme La petite sœur du vent ou Le parfum des miracles. Spielberg ou Besson, si vous me lisez, m’entendez…

Bonus !

Que lisez-vous ? Quelle a été votre dernière lecture ?

En ce moment, je lis pas mal de livres de mes confrères. Dernièrement j’ai lu deux Michel Bussi, Gravé dans le sable et Le temps est assassin, un Bernard Minier. Je lis également les livres de Blanca Miosi, une excellente auteur dont les romans sont lié à la grande histoire, je pense à « Waldeck, un garçon face aux nazis » excellent, puis  le manuscrit. Le fait d’écrire en permanence me prive de lire autant que je le voudrais, mais je m’impose des lectures régulières quand même.

Quel a été votre dernier coup de cœur ?

Mon dernier coup de cœur à été La vérité sur l’affaire Harry Québert de Joël Dickers. Une maîtrise incroyable de l’écriture, des ambiances parfaitement reconstituées, un suspense superbement entretenu avec de nombreuses fausses pistes. Magistral.

Merci beaucoup d’avoir pris le temps de nous répondre. A vous le mot de la fin !

Bien tout d’abord un grand merci pour votre intérêt à mes modestes ouvrages. Nous nous sommes rencontrés par le plus grands des hasards et parfois le hasard fait bien les choses. J’’ai apprécié tout de suite la pertinence de vos critiques et leur qualité. Vous êtes des lecteurs passionnés et avez un bon sens du jugement. C’est assez rare pour être souligné. Alors je vous souhaite d’autres belles rencontres, d’autres belles lectures. Il y a pléthore d’auteurs inconnus qui méritent d’être mis en avant, qui sortent des grosses productions et qui ont besoin de gens passionnés pour éclore. Alors votre démarche est importante dans ce sens et je vous en remercie encore.

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Dominique Durand, le 26/02/2017.

Vous pouvez retrouver l’auteur sur son site !

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Ce mot de l’auteur a été orchestré par Sideara, Ysyhteha et Kouti.

Sideara
Moi c'est Fabien, 26 ans ! J'ai toujours eu une imagination débordante et un caractère extrêmement lunatique, aussi l'écriture et la lecture se sont imposées à moi très facilement. Passionné de Fantasy notamment (et surtout de magie), ainsi que de thrillers et de polars, je m'ouvre petit à petit à la science-fiction et au reste. Mes livres préférés font souvent partie de l'univers de la Fantasy, et sont pour la plupart dotés d'univers très étoffés, et très bien intégrés au récit. Achetant d'innombrables livres, je suis complètement envahi et mes bibliothèques ne tiennent plus sous le poids des romans, d'autant que je suis un inconditionnel du grand format ! Dans les librairies, je suis toujours à chercher dans un recoin sombre le livre caché qui m'attirera, et je suis très peu attiré par les "grands auteurs". Dans tous les cas, il y aura toujours de la place pour des livres chez moi !

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