Le mot de l’auteur : James Tollum

Le mot de l'auteur

Aujourd’hui, nous avons le plaisir de vous proposer une interview de l’auteur français James Tollum, dans le cadre de la sortie de Djinn, son nouveau roman, et de la critique concernant sa trilogie « La prophétie des éléments« , dont vous pouvez retrouver celle du tome 1, Gardiens, ici.

 

Introduction

http://www.leplaisirdelire.fr/wp-content/uploads/2016/08/Gardiens-James-Tollum-196x300.jpgJ’ai découvert votre trilogie La prophétie des éléments il y a quelques mois, et, pourtant, je vous connais de nom depuis bien plus longtemps. Vous jouissez d’un bouche-à-oreille conséquent, et les lecteurs sont quasiment unanimes au sujet de vos romans.

Comment vivez-vous cela et comment avez-vous réagi, au début ?

Pour être honnête, je ne réalise toujours pas le fait que mes romans aient trouvé leur public. C’est très plaisant, car pour un auteur, le principal, c’est d’être lu. Je garde toutefois la tête sur les épaules car rien n’est jamais acquis. Je vais continuer d’écrire et de partager mes histoires en espérant qu’elle apporte de bons moments aux lecteurs.

Ce fameux bouche-à-oreille marche également grâce à l’appui des blogs littéraires, comme le nôtre, qui publient des critiques sur vos livres. La reconnaissance de cette critique « amateur » doit être vraiment gratifiante pour vous ? Quels rapports avez-vous avec cette critique en général ?

Je l’attends à chaque fois avec impatience et nervosité. La critique, même amateur, est très importante à mes yeux. Elle permet d’avoir un retour éclairé et réaliste sur l’œuvre. C’est toujours une immense joie de lire une bonne critique sur l’une de mes œuvres car je m’y investis. Je reste attentif aux remarques et m’en sers pour améliorer les prochaines œuvres.

Influences et inspirations

Sur votre site internet, on peut y découvrir vos différentes influences, notamment Tolkien. J’en suis moi-même un grand fan depuis mes plus jeunes années.

Comment un auteur peut-il influencer votre travail ? Qu’est-ce que Goodkin ou George R. R Martin ont-ils apporté pour vous ?

Avant toutes choses, de nombreuses heures de plaisir et de rêve. Ensuite un sens du suspens et de la construction du scénario. On peut avoir une bonne histoire, mais la mise en scène est primordiale pour que le lecteur plonge dans le roman.

Toujours dans vos influences, dans « Gardiens », le premier tome de la trilogie, j’ai trouvé plusieurs petites similitudes à l’univers vidéo-ludique Warcraft, dont je suis également féru, notamment de par la présence des Nâgas.

Est-ce un univers que vous connaissez et appréciez ?

Je connais effectivement Warcraft et y ai joué. Mais l’influence des Nâgas vient, en ce qui me concerne, d’Inde. Je suis féru de voyage. J’ai traversé de nombreux pays pour aller à la rencontre de leur population, comprendre les us et coutumes, dormir dans des villages perdus aux fins fonds des forets… notamment en Asie.

Vous inspirez-vous des jeux vidéos de manière générale ? Quels sont vos préférés si c’est le cas ?

Pour l’écriture, je ne m’inspire pas réellement des jeux vidéos, mais j’aime y jouer. Plus particulièrement ceux de stratégie : Starcraft, Warcraft, Age of Empire, Age of Mythologie, Zeus, Poséidon… et bien entendu Skyrim.

Vous nous parliez de voyages. Comment le goût pour l’aventure vous est venu ?

J’ai toujours voulu visiter le monde et découvrir des paysages différents. Certaines contrées ont quelques choses de magiques qui peuvent très facilement se transposer aux mondes fantastiques : les pyramides d’Égypte, le désert australien, le Mékong ou le Nil, les forêts du nord de la Thaïlande, les campagnes du Laos ou du Vietnam, la magie de l’inde…

Je suppose qu’ils ont dû énormément contribuer à l’élaboration de vos différents univers ?

En effet, l’idée de Djinn m’est venue au Maroc et certaines descriptions sont issues de mes voyages. Il en va de même de quelques peuples qui proviennent de folklore local (ex. : les Nâgas).

Moi j’ai surtout été attiré par les Finaï, et j’avoue avoir fait quelques recherches sur le net pendant ma lecture, en vain. D’où viennent-ils ?

Des profonds de mon esprit, de dessin animé de mon enfance… C’est un mélange entre des guerriers vikings, des amazones, des Zotriens (Ulysse 31).

Méthodes de travail

La religion omniprésente, de nombreuses créatures, une mythologie particulière, de l’action qui se déroule en plusieurs endroits en même temps… Et pourtant, le récit de « Gardiens » ne manque pas de rythme, au contraire, et vous arrivez à tout concilier de manière brillante, en étant complet sur tous les sujets, mais sans alourdir le récit à la manière d’un Tolkien.

Quel est votre secret ? Comment avez-vous conçu le récit pour qu’il puisse intégrer autant d’éléments aussi facilement ?

Étant scientifique, j’ai une approche très schématique de mes scenarii. Avant de commencer l’écriture d’un roman, je réalise des recherches et je crée le synopsis que je matérialise sur avec la trame principale et toutes les ramifications. Puis, je commence les fiches personnages, avec leur description physique et mentale, leur passé, leur peur, leur doute et leur évolution. Je note qui va trahir, avoir des doutes, prendre une mauvaise route et pourquoi. Ensuite viennent la carte du monde, le fichier avec les villes, les régions. Un autre avec les organismes, les guildes, les conseils, les religions… Je rédige un résumé du livre avec les parties on, que le lecteur voit dès le début et des parties off, qu’ils ne sont censés découvrir qu’à la fin (les flash-back, les révélations). Enfin, je structure cela pour savoir comment passer d’un chapitre à l’autre. Une fois tout ceci en place, je passe à l’écriture du roman.

La façon dont vous structurez vos idées au départ est très carrée et organisée, n’est-ce pas parfois handicapant, quand une idée vient à la dernière minute et qu’il paraît difficile de l’intégrer au récit ?

En règle générale, si elle doit améliorer le script, elle s’insère sans grande difficulté. Dans le cas contraire, c’est qu’elle n’avait pas sa place et je la garde pour une autre histoire.

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La fin d’« Apophian », troisième et dernier tome de votre série « La prophétie des éléments », était donc prévue telle que j’ai pu la lire depuis le début ?

Tout comme on nous l’a appris à l’école, quand nous rédigions une rédaction : Je commence par l’intro et la conclusion du roman. La fin d’Apophian était écrite (dans ses grandes lignes) au même moment que les premiers chapitres de Gardiens. J’ai écrit les synopsis des trois romans avant même de commencer l’écriture de Gardiens.

Vous avez reçu plusieurs prix pour vos écrits. Le Prix France de « La journée du manuscrit francophone » à l’UNESCO pour « Gardiens » et en 2016 la reconnaissance des lecteurs avec la plume d’or fantastique du « prix plume libre » pour « Apophian ».

Pour nos lecteurs, pouvez-vous nous décrire en quelques mots en quoi consistent-ils, et ce que vous avez ressenti en les recevant ?

La journée du manuscrit francophone a pour objectif de devenir une journée consacrée aux livres, une sorte de pendant à la fête de la musique. Le prix est réservé aux jeunes auteurs qui veulent faire découvrir leurs œuvres. Un jury de professionnel (grands auteurs) étudie les ouvrages et décerne des prix nationaux par pays (puisque ce prix est ouvert aux pays francophones) et un prix global.

Gardiens avait eu le prix France 2015 et Djinn vient de recevoir (la semaine dernière) le prix France 2016.

C’est très gratifiant. Pour 2015, la cérémonie de remise des prix s’est faite à l’UNESCO : c’était impressionnant. D’ailleurs, je n’ai pas immédiatement réagi lorsque mon nom a été cité !

Quels sont vos rapports avec le monde de l’édition, qui donne du fil à retordre à beaucoup d’auteurs ?

C’est très difficile de trouver une maison d’édition. Sachant que personnellement je ne me sentais pas capable de me lancer dans l’autoédition et je me refusais de faire du compte d’auteur. Ma maison d’édition est jeune, mais fait au mieux. Il est certain que j’aimerai signer dans une plus grande maison d’édition à l’avenir, pour bénéficier de leur expérience, de leur réseau et de leur notoriété.

Simon Sanahujas nous confiait, lors de son Mot de l’auteur, ne pas vraiment souhaiter vivre de l’écriture, n’ayant pas envie de subir la pression des éditeurs.

Est-ce une chose que vous redoutez vous-même ou vous n’y pensez pas du tout ?

En effet, aujourd’hui je ne me vois pas vivre de mon écriture. Je veux rester libre de décider quand je sors un livre. C’est pourquoi je ne signe le contrat avec ma maison d’édition que lorsque le livre est terminé. De plus, si je venais à être en panne d’idée, je pourrais faire une pause.

De nombreux blogs et internautes solitaires, comme nous, ont souligné un manque d’émotion se dégageant du récit de « Gardiens ». De ce que j’ai pu en lire sur internet, vous semblez également admettre que le tout manque un peu de style.

Chose positive, ceux qui ont eu la chance de lire la suite s’accordent également pour dire que ça s’améliore sur les tomes suivants.

En quoi ces remarques, si vous les avez vues avant d’écrire ou de publier la suite, ont-elles influencé votre travail ? Comment peut-on prendre du recul si rapidement sur une telle chose ?

J’ai effectivement vu ceci dans votre critique, mais ne me souviens pas, sauf erreur de ma part, de l’avoir lu ailleurs. J’admets en revanche que Gardiens, étant mon premier roman, méritait d’être retravaillé. Le style était un peu novice. Le principal est de tirer les leçons de ses erreurs et de s’en servir pour le prochain livre. Je note scrupuleusement les points négatifs des critiques pour m’améliorer. Mais, un roman ne peut pas plaire à tous, il faut savoir l’accepter.

Lors de vos apparitions publiques, vous êtes régulièrement déguisé et maquillé ? Pourquoi ?

Je suis déguisé et/ou maquillé pour les salons uniquement, comme beaucoup de mes collègues auteurs. Les lecteurs aiment rencontrer l’un des personnages du livre, et plus particulièrement si celui-ci fait peur (tel un sorcier).

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Nous sommes sur un monde ou la magie est détenue par quelques rares initiés. Le royaume est dirigé par le couple royal, mais en réalité, c’est la guilde des voleurs, qui depuis les bas-fonds, mène la danse.

À sa tête se trouve Narfat le miséricordieux. Un homme avide de pouvoir et d’informations et qui est bien loin de mériter son patronyme. Pourtant il a su mettre en place une hiérarchie au sein de la guilde. On y trouve les Passes-murailles (des voleurs), les Ombres (Les assassins), les Oreilles (les indics), les Sirènes (les filles de joie), les Faussaires et enfin les cadets ou plus communément appelé rats par la population. Car, comme les nuisibles rongeurs, ils se faufilent à travers les rues du royaume pour délester les braves passants de leurs bourses.

Dans ce roman, nous allons suivre les aventures de Târan, un jeune rat de la guilde qui va se laisser convaincre par ses amis de participer à l’enlèvement de la princesse pour impressionner et gagner le respect de Narfat et de ses généraux. Malheureusement, cela ne va pas se dérouler comme ils l’avaient escompté car en enlevant la princesse, ils vont contrecarrer les plans des créatures tapis dans les ombres : les Djinns. Ce sont des êtres cruels qui ont leur propre destinée, mais qui influence sur celle des hommes.

Commence alors une aventure où se mêlent complot, trahison, créatures de l’ombre, suspens et magie.

Envisagez-vous de changer de registre et de vous éloigner de la Fantasy la prochaine fois ? Peut-on s’attendre à voir James Tollum signer un jour un roman de SF ou un thriller ?

J’aimerais bien m’essayer au thriller dans le futur et pourquoi pas à la SF. Rien n’est à exclure. Mais pour le moment je dois terminer ma trilogie sur les dragons, puis une autre qui se déroulera dans le même monde que la Prophétie des éléments.

Questions bonus !

Quelles sont vos lectures ? Quel est le livre que vous conseillerez les yeux fermés ? Et au contraire, qu’est-ce que vous n’aimez pas du tout ?

Je suis plutôt hétéroclite sur mes lectures. Je lis aussi bien de la fantasy, du policier, du roman historique que de la SF. Si je devais recommander des livres les yeux fermés, cela serait les suivants :

Les mémoires de Zeus de Maurice Druon

Le juge d’Égypte de Christian Jacques

La trilogie d’axis de Sara Douglas

La belgariade de David Eddings

Les dix petits nègres d’Agatha Christie.

En revanche, je n’apprécie pas beaucoup les livres politiques, autobiographique écrit en deux mois par des personnalités, des journalistes, des présentateurs et autres « stars » des médias qui ne cherchent qu’à faire parler d’eux.

Pour finir, et comme dit plus avant, je suis un grand fan de Warcraft, mais aussi d’Âge of Empires. Je ne serais pas contre une petite partie ! *rires*

Pourquoi pas, quand j’aurai un peu plus de temps. Cela sera avec plaisir !!

Merci encore pour vos réponses, et pour m’avoir généreusement envoyé votre trilogie complète ! Je vous laisse le mot de la fin, comme le stipulent nos traditions !

Je tenais à remercier tous les lecteurs, sans qui mes histoires ne seraient rien que de simples mots sur une page. C’est eux qui donnent vie aux personnages. Un auteur n’existe seulement que grâce à ses lecteurs. Merci à vous tous et j’espère que vous continuerez à prendre du plaisir avec mes histoires…

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James Tollum, le 07/11/2016.

Vous pouvez retrouver l’auteur sur son site !

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Ce mot de l’auteur a été orchestré par Sideara.

5 Commentaires

  1. Un entretien très complet et agréable à lire, voire amusant ! Comme d’hab : bon travail !

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    • Sideara

      Merci Torchou !

      En espérant que la nouvelle mise en page des interviews plait aussi, parce que l’ancienne était .. inexistante et offrait d’immenses pavés aux lecteurs 😀

      Répondre
      • Ouais, par contre, je ne suis pas fan du changement de couleur pour les différentes parties… Ça fait un peu « exposé de CM2″ :/ (j’exagère un peu)

        Répondre
        • Sideara

          Plus de changement de couleur entre chaque partie ! Moi j’aimais bien hein, et ç’avait été validé par Ysyh, Ama et Kouti 😀 Mais les lecteurs sont rois ! :)

          Répondre
  2. Comme vous apparemment, j’ai déjà entendu parler de l’auteur via internet et les réseaux sociaux. Je me suis jamais vraiment penchée sur ses livres mais cette interview me plait beaucoup en tout cas !

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