Le Mot de l’Auteur : John Ethan PY

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Cette fois-ci, c’est un auteur que j’ai rencontré aux Imaginales 2016 et avec qui j’ai par la suite échangé quelques mails qui a accepté de nous accorder du temps pour un mot de l’Auteur !

Bonjour John Ethan PY et merci d’avoir accepté de participer à notre « Mot de l’Auteur » !

Bonjour Marie et un grand MERCI pour le temps que vous avez pris pour la lecture du roman et du temps que vous avez passé à rédiger ces questions.

Au cours de mes recherches préalables pour rédiger cet entretien, je me suis heurtée à un obstacle de taille : je n’ai presque rien trouvé à votre sujet sur internet (même sur le site des Editions de l’Homme sans Nom, votre maison d’éditions, où votre biographie tient en à peine trois lignes). Est-ce une volonté de votre part ? Pourquoi ?

Votre remarque est intéressante, et elle me travaille. La question que je me pose est : « que voudrait-on trouver spécialement, quelles informations ? » De fait avoir des renseignements sur ce point pourrait me guider dans une réponse précise. S’il s’agit d’avoir un facebook pour permettre aux lecteurs de me suivre, je me pose encore la question et je n’ai pas de réponse.

Ne craignez-vous pas que cela instaure une distance avec votre lectorat, qui ne peut pas suivre vos actualités via les réseaux sociaux ?

C’est possible oui. J’y réfléchis. Le fait que vous me le signaliez me fait dire que ce serait pas mal de m’y investir, mais cela nécessite apparemment du temps, et j’en possède très peu pour cet aspect.

Toujours sur le site de votre maison d’éditions, j’ai pu constater que dans vos rares apparitions, vous portiez un masque (cf. votre photo de profil et l’ITW vidéo disponible sur le site internet de votre deuxième roman, dont on reparlera plus tard). Pourquoi cette volonté de ne pas montrer votre visage ?

Je me suis formé avec des groupes comme Daft Punk, Slipknot et je trouvais l’idée d’un romancier masqué était intéressante en tout cas pour un temps. Cela crée un personnage qui permet d’être à distance avec son texte. Une sorte de double, dont mon identité quotidienne n’a pas à pâtir. Au lancement de Chesstomb, je trouvai aussi que le faire comme une sorte d’évènement, de « performance » entrait en résonance avec le texte lui-même et ce dont il est constitué. Un écho donc, une cohérence aussi. Si vous avez lu Chesstomb, vous savez de quoi je veux parler… et si vous le lisez, vous verrez quel lien cela entretien avec le texte. En dédicace cela permet de créer une saveur supplémentaire pour le lecteur, une mise en scène à laquelle peu de romanciers se livrent.

On peut également apprendre sur votre biographie que vous avez travaillé dans l’immobilier et dans le journalisme avant de vous consacrer au métier d’écrivain. D’où vous est venue cette envie d’écrire ? Comment s’est faite pour vous la transition entre ces métiers ?

Ecrire est un projet existentiel chez moi. Je ne lisais pas étant enfant et encore moins en début d’adolescence au grand dam de ma mère. Et puis un jour, lors d’une de mes visite à la bibliothèque municipale pour y prendre des bédés, je croise la couverture d’un roman : Simetierre de S. King. Je l’emprunte, le lis, et là c’est comme un choc. Je suis passé de zéro lectures à la détermination de devenir romancier. Donc je me suis mis à lire. Beaucoup. Et à écrire. Je devais avoir 14 ans, j’étais en 4eme. Mon premier roman Le Songe d’Adam est un hommage à Simetierre et une sorte de dialogue avec ce texte. Je ne peux pas dire grand chose de la transition. Je me questionne sur le journalisme et j’aime toujours l’immobilier, j’y reviendrai peut-être.

chesstomb

 

Chesstomb est votre deuxième roman, mais le premier publié sous le nom de John Ethan PY (on y reviendra plus tard). Il a pour thème le journalisme. Pourquoi ce thème en particulier ?

Je ne suis pas certain que Chesstomb ait pour thème le journalisme. Il met en scène un journaliste oui et des textes à caractère journalistique, on peut se mettre d’accord sur ce point, mais… Mais Chesstomb est un roman qui joue sur les apparence, les faux semblants, les illusions, avant tout. Pour les lecteurs attentifs on verra une dédicace « baroque » au Baroque, thème qui pourrait caractériser tout le roman. Ce n’est pas un hasard. Lisez et vous verrez…

Aux Imaginales, lors de notre rencontre, j’hésitais entre Chesstomb et Le Miroir de Peter, et bien que je n’ai pas été déçue de mon choix, loin de là, je n’ai pas pu m’empêcher de faire un tour sur le site internet de Chesstomb (http://www.chesstomb.weebly.com). Arrivée là, j’avoue avoir eu quelques instants de flottement à me demander quelle était la part de réel dans tout cela, ce qui m’a intriguée au plus haut point. Pourquoi cette volonté de désorienter le lecteur ?

C’était le but recherché. La saveur que l’on a à être (littérairement) désorienté et à désorienter le lecteur se joue dans l’explosion finale lorsque le dénouement arrive. C’est une saveur délicieuse, que j’adore. Il y a une phrase qui m’a beaucoup marqué lorsque j’ai vu le film le Prestige de C. Nolan, et adapté d’un roman de C. Priest (auquel Chesstomb est dédié et dont on trouvera une référence dans le texte). Une voix parle des trois temps du prestige et termine en disant : « vous allez être mystifié. » Et je l’ai été durant le film et ensuite en lisant le roman. C’est ce que j’ai voulu faire avec Chesstomb : mystifier le lecteur. On retrouvera dans Chesstomb, dans les paroles de Lovecraft une réflexion de ce type. Quel est le pouvoir du romancier, que peut-il faire vivre à son lecteur ? C’est pour cela que j’écris : faire vivre quelque chose d’intense aux lecteurs et donner au texte dans son dénouement une saveur inattendue, une explosion en bouche que l’on a pas senti venir.

Votre troisième roman, dont j’ai fait la critique récemment, fourmille de références cinématographiques, musicales et tirées de grands classiques de la littérature. Pourquoi avoir choisi ceux-là en particulier (hormis Alice qui est un grand classique du thème de la psychologie) ?

Steven King dit dans son texte Ecriture : « écrivez ce que vous aimez, et ce que vous connaissez, et qui vous obsède, ce qui vous rend infatigable. » J’ai suivi son conseil. J’adore le cinéma et la musique et certains films en particulier qui exercent une sorte d’emprise, de fascination sur moi. Si vous songez dans votre question, et si je la comprends bien, au : « film-dont-on-ne-donne-pas-le-titre », c’était un pari (comme souvent quand j’écris.) Si vous l’avez vu et que vous devinez, c’est banco pour vous et pour la scène décrite, sinon, c’est tant pis pour moi… J’étais très excité à l’idée créer un lien entre deux œuvres, l’une littéraire et l’une de cinéma sur deux types que j’affectionne particulièrement. Enfin choisir 2001 l’odyssée de l’espace, n’était bien sûr pas un hasard et normalement ce choix trouve son explication dans le roman, une explication à plusieurs niveaux étant donnée au dénouement final. Je me suis nourri au cinéma très jeune. Mes parent, des cinéphiles, m’y ont initié. J’ai tracé mon sillon ensuite en affectionnant, en plus des classiques, le ciné fantastique et d’épouvante.

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Au cours de nos échanges, vous m’avez dit que votre premier livre, Le Songe d’Adam, a été publié sous un autre nom. Pourquoi avoir changé de nom après votre premier roman pour publier ?

Et bien c’est un peu comme ce que dit G. Mothershield dans le Miroir : « une fois que l’égo est satisfait de voir son nom sur un bouquin, on peut passer à autre chose. » C’était un risque: celui de perdre les lecteurs. Mais le Songe est réédité, et cette fois sous mon nom de plume John Ethan Py. Les anciens sous mon autre nom sont donc des collectors, avis aux amateurs.

Dans mes souvenirs des Imaginales, vous m’aviez également dit être professeur. Ces deux activités, prof et écrivain, se combinent-elle facilement, ou avez-vous du mal à concilier les deux ?

Pas de difficultés pour moi. L’idée est de rester discret et de séparer les deux mondes d’où un certain changement que vous avez souligné, pseudo, biographie… Aspect, masque…

Au cours de nos échanges par mail, vous avez comparé Le Miroir de Peter à certains écrits de CHATTAM (comparaison que je m’étais déjà faite en lisant votre roman). Est-ce un auteur qui vous influence ? Si oui, pourquoi ? Quels sont les auteurs qui influencent votre travail ?

Je n’ai rien lu en entier de Chattam, j’ai survolé ses textes. Et il décrit des passages parfois très violents, très loin, je pense, de ce que l’on va trouver dans le Miroir. Donc je ne peux pas dire qu’il m’influence.

L’auteur majeur qui m’influence dans le domaine du roman fantastique reste S. King, encore et toujours. Il y a aussi Graham Masterton. J’apprécie aussi beaucoup le travail de T. Roszak, mais dans un style plus feutré. En fonction de ce que j’écris j’ai des influences différentes. Elles seront autres quand je rédige un texte sur la pédagogie et l’éducation.

Pour finir, quelques questions plus générales : Pouvez-vous nous parler de votre expérience aux Imaginales cette année ?

Oui je peux vous en parler. Les Imaginales sont un moment que j’apprécie particulièrement dans l’année. Épuisant niveau énergie, mais très agréable. J’aime revenir à Épinal, retrouver cette belle atmosphère de fête, de familles en balade et de lecteurs curieux, d’auteurs en dédicaces. Revoir les lecteurs et échanger avec eux. Cette année a été un régal.

Comment travaillez-vous pour écrire vos livres ? Combien de temps en moyenne passez-vous pour chacun d’entre eux ?

La méthode de travail évolue à chaque roman, ainsi que le temps que j’y passe. Disons qu’intellectuellement j’y travaille constamment. Ecrire un livre dans mon cas, c’est à la fois passer du temps à ne rien faire, mais à y réfléchir et se raconter l’histoire et ses variante mais mentalement. Puis à lire des romans d’autres auteurs… Se nourrir donc. Puis à faire des recherches spécifiques selon ce que je souhaite raconter ou selon à quoi je souhaite faire référence (donc lire des biographies, des textes scientifiques au besoin, remettre à jour des connaissances pour rester précis.) Enfin, c’est du temps vie passé seul devant son clavier et à taper pendant que le monde, lui, fait autre chose.

Quel rapport entretenez-vous avec la critique en général ? Et avec votre lectorat ?

Je suis très reconnaissant du temps d’existence que les lecteurs passent à me lire et à écrire une chronique. Dès que je peux, je rentre en contact avec la personne pour lui témoigner cette reconnaissance souvent à sa grande surprise, car elle ne s’attend pas à recevoir un message lui étant adressé personnellement surtout si nous ne nous sommes pas croisés sur un salon.

Je suis aussi conscient que certains chroniqueurs ont parfois un nombre considérable de lectures à faire, ce qui peut rendre le travail de lecture attentif plus compliqué surtout si le texte est un peu plus exigeant que d’habitude. Et parfois certaines chroniques s’en ressentent car je crains hélas que le lecteur n’ai pas été au bout du texte.

Ce qui est le cas de Chesstomb en particulier, qui réserve toutes ces surprises et subtilités dans les 20 dernières pages. Si elles sont survolées, tout le travail de construction et d’intertexte, passe à la trappe. D’une manière générale j’aime échanger avec les lecteurs et je fais de mon mieux pour répondre aux mails.

Quelle est votre actualité ? Avez-vous des réseaux sociaux sur lesquels on peut vous suivre ?

Trois romans à mon actif : le Songe d’Adam, Chesstomb et le Miroir de Peter qui vient de paraître en Juin. Pour les réseaux sociaux : plutôt aller du côté de Linked In et sur la maison d’édition de l’Homme sans Nom. Je réfléchis encore à un Facebook. Si vous avez des idées à me soumettre ou des conseils, je suis preneur ! Si vous me répondez que c’est indispensable, je pense que je saurai vous entendre…

Merci encore de votre disponibilité, on arrive à la fin de cet entretien. Je vous laisse le mot de la fin !

Merci Marie pour le temps que vous m’avez consacré. Le dernier mot (les derniers mots…) : Lisez chers amis lisez, lisez pour vous divertir, lisez pour vous instruire, lisez pour grandir et apprendre. Ne cessez jamais de lire : les réponses à vos questions se trouvent dans les livres.

 

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