Maus – Art Spiegelman

Bandes-dessinées Romans historiques

couverture-maus

 

Récit d’une époque sombre, héritage d’un père. Maus est l’œuvre d’une vie, un hommage et surtout un témoignage. Récompensé par le Pulitzer en 1992 pour cet ouvrage, Art Spiegelman nous raconte son père.

 

[su_heading size= »35″ margin= »0″]Sur l’œuvre et son auteur [/su_heading]

Art Spiegelman est le fils d’un survivant du camp de la mort d’Auschwitz, dont le récit de la vie est le roman graphique. Réalisé dans les années 1970 & 1980, Maus a reçu dès sa parution de nombreuses récompenses dont un prix Pulitzer en 1992 dans la catégorie prix spéciaux et citations.

Pourquoi Maus ?  A mon sens il remplace le « Juden » crié par l’Allemagne nazie pointant du doigt un peuple. Maus c’est aussi la vie de Vladek Spiegelman, le père d’Art, juif polonais. De son village natal,  Sosnowiec, à la Floride, de sa jeunesse à la fin de sa vie. Maus, c’est l’histoire de sa survie dans les camps de la mort nazis, mais pas seulement. Art a pris soin d’aller écouter son père. Et il nous relate tout du présent comme du passé, mais avec une drôle d’idée: les juifs sont des souris et les nazis les chats qui leur font la chasse.

maus2« On les a regardé jusqu’à ce qu’ils disparaissent… C’était la dernière fois qu’on les voyait; mais ça on ne pouvait pas le deviner »

 

[su_heading size= »35″ margin= »0″]Critique [/su_heading]

Maus m’a rebuté dans les premières pages et même avant que je ne l’ouvre. Ce n’est pas le dessin qui m’a gêné mais le fait de lire une fois de plus la Shoah et son horreur. D’en entendre encore autant sur des événements si tragiques de nos jours ça me pèse la plupart du temps. Un peu comme un gamin à qui l’on dit qu’il ne faut pas toucher ci, qu’il ne faut pas faire ça. Un peu convaincu que ça ne servait à rien de ressasser le passé, que quelque soit la profondeur de la plaie les générations à venir n’en feraient qu’à leur tête. J’étais tombé sur une citation de W. Churchill :

« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre »

Il a suffit que je lise une vieille formule pour me souvenir que le travail de mémoire c’est quelque chose d’important. Qui semble la plupart du temps inutile, et pourtant… Et c’est donc un peu plus intéressé que je me suis plongé dans Maus.

L’auteur a choisi de tout nous raconter de façon crue. Il n’omet pas les travers de son père, sa radinerie obsessive et ses tocs. Art nous montre même l’incohérence ironique du racisme de son père. Il n’épargne rien, ni à son père ni à chacun des acteurs présents.

Maus_1_006« Des amis ? Tes amis ? Enfermez-vous tous une semaine dans une seule pièce sans rien à manger… Alors tu verras ce que c’est, les amis… »

Mais il a fait un choix surprenant : pas d’humain, juste des animaux. Une espèce pour chaque peuple. Les Juifs sont des souris, les Polonais des cochons, les Allemands sont des chats, etc. Cette réification donne lieu à de superbes images : un juif se faisant passer pour un Polonais lambda n’est alors qu’une souris avec un masque de cochon. Et à mon sens, c’est un triste constat de la vision des sociétés de l’époque, la représentation que les hommes ne sont pas tous égaux, pas tous semblables. Et finalement d’anciens voisins qui se ressemblaient pourtant ne font plus partie de la même espèce. Même pire que cela, rien ne change dans son présent.

De façon plus esthétique et moins engagée dans le propos, le dessin est simpliste peu souvent propice à faire s’attarder le lecteur sur un paysage ou la finesse d’un personnage. Un peu à la façon d’un Tintin au pays des Soviets. L’œuvre n’est d’ailleurs pas orientée en ce sens et ce qui doit ressortir de la lecture n’est pas le dessin mais l’histoire qui nous est racontée. Les honneurs qu’Art a reçus pour ce livre en témoignent bien : le prix Pulitzer ne récompense pas le dessin.

[su_heading size= »35″ margin= »0″]Les plus et les moins[/su_heading]

Les Plus

– L’ambiance parfois comique de l’œuvre mais qui montre toujours à quel point la seconde guerre a marqué les esprits.

– L’honnêteté de l’auteur, il n’a rien omis, rien oublié pas même les défauts de son père ceux des autres et les siens.

– L’idée du chat et de la souris.

– Les interludes du présent.

 

Les Moins

– Un sujet sensible et bien triste que l’on a déjà vu relaté peut-être trop de fois.

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[su_heading size= »35″  margin= »0″]Conclusion [/su_heading]

Un ouvrage à ne pas mettre entre toutes les mains et qui n’est pas de l’ordre du divertissement, mais a pour vocation de faire réfléchir. A lire quand on se sent prêt.

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Incapable d'apprécier la verve fluide des auteurs comme Bergson ou Platon qui ne sont pourtant pas inintéressant, je baigne largement plus dans l'utopie de Barjavel ou la poésie de Pennac. Je ne boude pas mon plaisir devant une bonne BD et j'ai d'ailleurs longtemps exaspéré les libraires qui me voyaient dévorer leurs étagères de BD sans jamais rien emporter... Je chéris les romans d'Heroic-Fantasy et de SF, mais mon truc à moi c'est ce qui fait voyager dans le réel. Bref, je lis, un peu de tout, à mon rythme quoi..

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