Le mot de l’auteur : Tiphaine Croville

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Nous nous retrouvons aujourd’hui, pour notre plus grand plaisir, avec une interview de Tiphaine Croville. Vous avez déjà entendu parlé d’elle sur notre site par le biais des critiques du tome 1 puis du tome 2 de sa série de fantasy « Phitanie« . Les liens seront plus bas !

 

Tiphaine Croville, Phitanie et critique

 

51CBdespblL._SX195_Dans ma lecture, et j’en ai évidemment parlé dans ma critique du premier tome, j’ai trouvé que ce roman possédait deux parties trop distinctes, avec une séparation trop abrupte.
Vous m’avez confié ensuite qu’effectivement, votre maison d’édition avait raccourci le livre de quasiment 200 pages.
Est-ce un vrai regret à vos yeux avec le recul ?

Il est vrai que lorsque je lis plusieurs chroniques à la suite qui soulignent ce défaut, j’ai un petit pincement au cœur et un besoin de me justifier en disant : « On m’a tout fait changer mais j’avais bien plus de détails en magasin ! ». Puis je lis aussi de nombreux autres avis, pour qui rien ne manque, et qui au contraire sont soulagés d’avoir quelque chose qui ne se perd pas en descriptions.
Ma version initiale avait des défauts, c’est évident. Et elle pouvait, notamment, être raccourcie. Je ne regrette pas d’avoir suivi les conseils qui m’ont été donnés. Ils m’ont permis d’arriver là où je suis. Et quoiqu’on en dise, j’ai pu remarquer que plus un livre était gros, moins il donnait envie à la majorité des lecteurs. Donc si le premier tome d’une inconnue avait été 200 pages plus gros, quelle aurait été la probabilité qu’il soit acheté par des centaines de personnes ?
Et puis j’ai toujours dans un coin de ma tête l’idée qu’un jour, peut-être, le roman connaitra une seconde vie dans une autre maison d’édition. Et ma « version longue », comme j’aime l’appeler, m’offrira alors déjà plein de scènes supplémentaires pour les lecteurs.

Comment avez-vous vécu ce changement dans votre œuvre ?

Plutôt bien parce que la critique m’a été faite par une amie et auteure reconnue, Sophie Jomain. Elle a su amener ses remarques de façon constructive pour ne pas me braquer, et après tout, on ne touchait pas à l’essentiel de mon roman.
J’avais déjà eu le retour d’une maison d’édition, Hachette pour ne pas la citer, dont le comité de lecture avait refusé mon livre quelques mois plus tôt. Ils m’avaient envoyé une lettre qui m’a beaucoup touchée, dans laquelle ils me parlaient en détails de mon livre, de l’intrigue, des personnages, du style. Ils avaient aimé le livre mais le trouvaient encore trop long et donc à retravailler. Quand deux professionnels vous font la même remarque, vous vous remettez forcément en question.

Aviez-vous le choix, au final, de choisir l’une ou l’autre des versions ?

La question ne s’est pas posée ainsi. Lorsque mon livre a été proposé à la maison d’édition, il était déjà acté qu’il y aurait du travail à faire sur le texte. Et encore une fois, mon livre n’a pas été dénaturé. SI j’avais eu ce sentiment, je n’aurais pas signé le contrat d’édition.

Nous avons, il y a quelques semaines, consacré toutes nos colonnes à l’auto-édition par le biais d’interviews d’auteurs auto-édités. Est-ce que cette situation avec votre maison d’édition pourrait vous pousser à choisir l’auto-édition dans le futur ?

Je suis entrée dans le monde de l’édition il y a un petit peu plus d’un an maintenant, avec la sortie de Phitanie. Et je dois avouer que j’ai découvert un univers assez compliqué, avec ses codes, ses avantages et ses défauts. Il fonctionne beaucoup sur le bouche à oreille, le « réseau ». Il est déjà compliqué de se faire connaître lorsqu’on est publié par une maison d’édition, qui pourtant nous offre une meilleure visibilité (sur les salons, auprès des blogueurs, chez les différents distributeurs), alors quand on est 100% livré à soi-même…
Ecrire est ma passion, mais je ne peux pas en vivre comme la grande majorité des auteurs de nos jours. C’est pourquoi j’ai un métier. Déjà aidée par ma maison d’édition, j’ai du mal à me faire connaître et avoir suffisamment de temps pour faire la promotion de Phitanie. Il faudrait que je me dédie 100% à ça si je faisais de l’auto-édition, ce qui n’est financièrement pas viable pour moi actuellement.
Je ne regrette pas d’avoir choisi d’être éditée. D’ailleurs ce n’est pas moi qui l’ai choisi, c’est ma maison d’édition qui a choisi Phitanie. C’est elle qui me conseille, qui met en valeur mon histoire, et qui supporte tous les coûts financiers. Je ne vais pas dire que tout est toujours tout rose et parfait, il y a parfois des concessions à faire, mais j’aime beaucoup mon éditrice et sa maison d’édition. C’est grâce à elle que Phitanie est disponible au grand public aujourd’hui. Et le marché de l’édition est tellement saturé que je ne vais pas renoncer à l’aide de ma maison d’édition.

Dans nos échanges, vous m’avez aussi confié ceci : « Peut-être aurais-je un jour l’occasion de publier une version plus longue si mon livre devient davantage connu ? »
Si c’était le cas, pensez-vous changer beaucoup de choses à votre manuscrit ou est-il publiable à vos yeux ?

Je pense que je le relirais et changerais certaines formulations : du temps a passé entre la « version longue » et l’édition de Phitanie ! Et puis ça dépendrait de ce que souhaite la maison d’édition. Mon manuscrit est publiable à mes yeux, c’est évident, puisque je l’ai fait lire en l’état à mes premiers lecteurs, avant de le faire publier, et ils avaient adoré. Pour autant, je ne voudrais pas qu’il y ait un trop gros décalage entre une version plus longue et celle qui est publiée chez Rebelle éditions. Celle de Rebelle a été beaucoup retravaillée, pas seulement raccourcie.

J’ai également souligné le fait que le vocabulaire et les mots inventés sont souvent compliqués et obscurs dans cette saga.
C’est un reproche que les gens ne font pas souvent, car c’est un point assez mineur dans un livre. Mais comment réagi t-on dans ce cas-là ? A t-on un peu cette notion de « bon, j’ai réussi à peu près tous les gros aspects du roman, celui-là … c’est un détail ! » ?

Je ne l’ai pas vraiment pris comme un reproche. Il est commun dans la fantasy d’avoir tout un vocabulaire nouveau. Tolkien a même inventé un langage elfique ! Donc je n’ai pas vu ça comme un raté. Mais j’ai été sensible aux lecteurs qui se trouvaient un peu perdus et ai donc naturellement proposé un glossaire en fin de livre dès le tome 2.phitanie

Le troisième livre de votre saga vient de paraître.
Terminer la série est-elle votre plus grosse fierté concernant Phitanie ?

Chaque étape est une fierté. Lorsqu’on finit le premier livre. Qu’on a notre premier avis lecteur. Qu’on finit le second. Puis le dernier. Quand on décroche un contrat de publication avec une maison d’édition. Quand on a son livre en papier entre les mains et que tout devient réel. Quand des inconnus achètent son livre. Et tant d’autres moments encore…
J’ai terminé la série avant de me lancer dans sa publication. Je voulais être certaine que tout soit bien cohérent et je voulais pouvoir prendre mon temps. Quand j’ai mis mon point final à l’écriture de Phitanie, ça m’a fait bizarre. Ça faisait 5 ans que je passais mon temps libre à écrire les aventures d’Héloïne et d’un coup plus rien, le vide. Je me suis demandée si je serais capable d’écrire à nouveau quelque chose…
Puis une nouvelle aventure a commencé lorsque Rebelle éditions a décidé de publier ma trilogie. Ça a donné une nouvelle vie à mes livres. Et quand en novembre dernier, tout a été publié, là je me suis vraiment dit : « ouah ! Et maintenant ? ».

Quel a été le plus difficile dans l’écriture de la saga ?

Supprimer 100 pages du tome 2 ! Ça n’avait rien à voir avec la maison d’édition à l’époque, puisque je n’étais pas publiée. C’est tout simplement en relisant cette centaine de pages que je me suis dit « non, ça ne va pas. Ça ne correspond pas au caractère d’Héloïne. Il y a quelque chose qui cloche ». Alors on fait une sauvegarde « au cas où » et puis on supprime tout, et on recommence.
C’est dur parce qu’on a l’impression de faire un gros retour en arrière. Mais ça en valait la peine.

Après les changements effectués sur le premier tome, avez-vous changé vos méthodes de travail pour les suivants ?

Comme je l’expliquais, lorsque je me suis lancée dans l’édition, mes trois tomes étaient déjà écrits. Après le retravail du tome 1, et les commentaires que j’ai pu avoir de la part des lecteurs, j’ai en effet adopté une méthode de travail pour la relecture des suivants.
J’ai suivi le conseil de Sophie, que je garde en tête à chaque fois que j’écris désormais : en lisant chaque passage, je me demande « qu’est-ce que ça apporte à l’histoire ? Est-ce vraiment utile ? ». Si oui, je le laisse. Sinon, je change.

Et après ?

 

Êtes-vous, comme beaucoup d’auteurs, du genre à penser à plusieurs romans à la fois ?

Lorsque j’écrivais Phitanie, je ne pensais qu’à ça. Puis lorsque l’écriture s’est terminée, je me suis mise à avoir une autre idée, que j’ai commencé à suivre et donc à écrire. Puis Phitanie a été publié, et j’ai dû abandonner un temps l’écriture de mon nouveau roman pour me consacrer à la relecture de ma série et à sa promotion.
Cet été, j’ai eu une nouvelle idée de roman encore. Donc au final, j’ai aujourd’hui deux projets en cours. Selon mon humeur, mon inspiration, je choisis d’avancer sur l’un ou sur l’autre.

Maintenant que votre série est terminée, quel est votre objectif la concernant ?

J’aimerais essayer de lui donner le plus de visibilité possible. Dans des salons, pourquoi pas dans d’autres maisons d’édition plus « grosses » où on partagerait les recettes avec ma maison d’édition actuelle, comme France Loisirs par exemple.
J’aimerais tout simplement que Phitanie continue à vivre.

Avez-vous d’autres projets ?

Et oui ! Je me suis déjà dévoilée un peu plus haut. Deux nouveaux projets, chacun représentant des défis pour moi : un roman fantastique à la première personne, et une romance historique.

Merci pour votre participation, et votre gentillesse lors de tous nos échanges ! Comme le veut la tradition chez nous, nous vous laissons le mot de la fin !

« Histoire » : le tout dernier mot de la trilogie Phitanie. On peut dire que c’est vraiment le mot de la fin ! 😉

Tiphaine Croville

Tiphaine Croville, le 24/01/2018

Critiques de Phitanie : Tome 1 / Tome 2

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Ce mot de l’auteur a été orchestré par Sideara.

Moi c'est Fabien, 26 ans ! J'ai toujours eu une imagination débordante et un caractère extrêmement lunatique, aussi l'écriture et la lecture se sont imposées à moi très facilement. Passionné de Fantasy notamment (et surtout de magie), ainsi que de thrillers et de polars, je m'ouvre petit à petit à la science-fiction et au reste. Mes livres préférés font souvent partie de l'univers de la Fantasy, et sont pour la plupart dotés d'univers très étoffés, et très bien intégrés au récit. Achetant d'innombrables livres, je suis complètement envahi et mes bibliothèques ne tiennent plus sous le poids des romans, d'autant que je suis un inconditionnel du grand format ! Dans les librairies, je suis toujours à chercher dans un recoin sombre le livre caché qui m'attirera, et je suis très peu attiré par les "grands auteurs". Dans tous les cas, il y aura toujours de la place pour des livres chez moi !

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