Il est de retour – Timur VERMES

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Il_est_de_retour

 

Roman satirique allemand paru en 2012, ce dernier fût un best-seller dans son pays d’origine, s’écoulant à 1,4 millions d’exemplaires en 2014. Il est aujourd’hui traduit dans 17 langues différentes. Il en a même été fait un film « Er ist wieder da » en Octobre 2015.

[su_heading size= »35″ margin= »0″]Quatrième de couverture [/su_heading]

« Mais comment tout cela a-t-il pu se reproduire ?

Berlin, 2011. Soixante-six ans après sa disparition, Hitler se réveille dans un terrain vague de Berlin. Et il n’est pas content : comment, plus personne ne fait le salut nazi ? L’Allemagne ne rayonne plus sur l’Europe ? Depuis quand tous ces Turcs ont-ils pignon sur rue ? Et, surtout, c’est une FEMME qui dirige le pays ? Il est temps d’agir. Le Führer est de retour et va remettre le pays dans le droit chemin. Et pour cela, il lui faut une tribune. Ça tombe bien, une équipe de télé est toute prête à lui en fournir une. La machine médiatique s’emballe, et bientôt tout le pays ne parle plus que de ça. Pensez-vous, cet homme ne dit pas que des âneries ! En voilà un au moins qui ne mâche pas ces mots. Et ça fait du bien, en ces temps de crise … »

[su_heading size= »35″  margin= »0″]Histoire[/su_heading]

Par une chaude après-midi de Printemps, dans un terrain vague de Berlin, il se réveille ? Il ? Le Führer du Grand Reich Allemand bien entendu ! Et avec une énorme gueule de bois qui plus est. Il est complètement perdu, ne sait pas ce qui lui est arrivé et a perdu tout ses soutiens, ses repères. Et surtout, il est en colère de voir ce que l’Allemagne est devenue. Et pour remettre de l’ordre, Hitler va devoir commencer de tout en bas, en tant que SDF, avant de gravir les échelons pour atteindre l’opinion publique via la télévision. Non, vous ne rêvez pas, dans ce livre, Hitler devient une star de la télé dans le monde d’aujourd’hui !

[su_heading size= »35″  margin= »0″]Critique [/su_heading]

Alors je ne connaissais absolument pas le livre et l’auteur. J’ai acheté cet ouvrage dans une gare pour passer le temps en attendant mon train, très attiré par sa couverture. Et ce fût une excellente surprise car au début, lorsque je l’ai découvert pour la première fois j’étais en train de me dire « Non … Non ! Ils ont pas osé ! *Lecture de la 4e de couverture* Mais c’est génial ! »

Alors commençons par le début. Le livre est écrit à la 1ére personne. Oui, c’est donc Hitler qui parle, qui raconte ses aventures. Et c’est pour moi déjà l’un des premiers points positifs. Cela nous questionne en tant que lecteur, car nous sommes en train de lire les aventures de l’un des pires hommes ayant foulé cette Terre. Un homme qui a commit de telles atrocités que des lois et des principes ont été créés pour les punir. Un monstre qui, 70 ans après, n’a toujours pas fini de choquer et de traumatiser des peuples entiers. Mais savez-vous ce qui est le pire ? C’est que l’on est pris de pitié et de sympathie pour le Führer !

Car c’est là l’énorme réussite de l’auteur, le personnage d’Adolf Hitler. L’on se surprend à éprouver pour lui des sentiments positifs car il est au départ perdu et sans domicile, complètement désemparé et sans aucun repère dans ce monde qu’il ne connait pas (Hitler qui « découvre » le porno sur Internet, je vous jure que ça vaut de l’or). Ce qui en plus le rend drôle dans ses interprétations et actions dans la vie de tout les jours. Il croit par exemple que les gens ramassant les déjections de leurs chiens dans la rue sont des malades mentaux qui ont été infectés par une sorte de maladie. Et il n’est pas seulement drôle, mais aussi hilarant, notamment dans sa critique du physique d’Angela Merkel (« qui a autant de charisme qu’un saule pleureur ») ou du fait qu’il possède « La chevauché des Valkyries » comme sonnerie de portable (et une scène vous fera pleurer de rire à ce propos).

Mais là où tout le génie de l’auteur se fait sentir, c’est qu’il vous sert un assez long passage absurde, drôle et vous ramène brutalement à la réalité lorsque Adolf fait une comparaison avec l’un de ses nombreux crimes. Et vous vous posez la question à voix-haut « Est-ce que j’ai vraiment apprécié ce qu’il vient de faire ? Est-ce que j’ai réellement ris » OUI ! Vous l’avez fait, et ensuite vous vous êtes fait descendre, que dis-je, vous avez percuté le mur de la réalité et de l’atrocité du personnage ! Et ceci est absolument fantastique.

Dans un registre totalement différent, l’un des thèmes plus implicite porte sur la critique de la télévision (et plus généralement des médias) d’aujourd’hui. Et cela pour trois choses. D’abord pour la course à l’audimat, qu’importe ce qui est dit ou fait. Et justement le personnage d’Hitler est parfait pour ça ! Car … c’est Hitler ! Plus il intervient à la télévision et plus les scores grimpent, tout le monde l’adore car « il dit la vérité » au milieu de présentateurs « Hanounesques » plus abrutis et débiles les uns que les autres.

Ensuite, l’on sent une critique sur la banalisation du racisme dans notre société occidentale. Car il dit des choses affreuses à la télévision, mais comme tout le monde le prend pour un comédien, ça passe ! Bah oui, c’est fait pour rire, donc il y a pas de raisons que ça choque les gens, c’est de l’humour !

Enfin, ce livre peut également nous permettre de réaliser le pouvoir de propagande de nos médias actuels. Et c’est là que le personnage d’Adolf colle parfaitement car il le dit lui même quand il se rend au studio : « Direction le bureau de la Propagande je vous prie ! » et « Ah si j’avais une telle machine de Propagande à l’époque ! »

Mais comme vous le savez, rien n’est parfait dans ce monde, et il existe tout de mêmes quelques points négatifs. D’abord la question de ce qui est arrivé à notre petit Führer ? Car il réapparaît comme ça et son uniforme sent le kérosène et tout l’intrigue au sujet de sa disparition/apparition est complètement passée à la trappe presque tout le long et finit même par ne plus apparaître au bout d’un moment, ce qui est dommage.

L’on notera également quelques passages assez long et ennuyeux, surtout quand certains monologues d’Adolf durent trop longtemps. Certains sont parfaits et très bien écrits, mais d’autres vous donneront juste envie de tourner la page.

Enfin les personnages secondaires ne sont pas très utiles, leurs diverses personnalités permet juste de voir Hitler réagir de telle ou telle manière. Donc ils restent nécessaires car c’est avec eux qu’Adolf interagit, mais ne sont pas très intéressants pour la plupart. Même si deux ou trois sortent du lot et nous offrent de très bon moments.

J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire sur cet ouvrage, mais le mieux et que vous découvriez cela par vous-même. Je rajouterais juste que la fin, ou plutôt les deux dernières phrases sont d’une « violence » inouïe et vont vous terroriser par leur réalité sociale.

[su_heading size= »35″  margin= »0″]Les plus et les moins [/su_heading]

Les Plus

– Le personnage d’Adolf Hitler

– Les critiques des médias et de la société de consommation très bien ficelés

– L’ascenseur émotionnel qui nous fait passer d’un moment de joie à une (presque) totale remise en question de notre raison de rire.

Les Moins

– Monologues parfois longs

– L’intrigue de la disparition du Führer presque inexistante

– Des personnages secondaires n’ayant pas de grand intérêt

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[su_heading size= »35″  margin= »0″]Conclusion [/su_heading]

Cet ouvrage est une excellente surprise. Il se lit facilement, rapidement et vous surprendra plus d’une fois. Vous allez rire, être pris de sympathie pour Adolf Hitler et ensuite vous serez ramenés à la réalité de manière plus ou moins brutale. C’est pour moi un ouvrage à lire au moins une fois, mais à ne pas laisser à la portée des enfants (sérieusement, ça reste Hitler …)

Alors contrairement à la plupart de mes collègues, je n'ai pas découvert ce plaisir de la lecture aussi tôt. J'étais plus occupé à me rouler dans les champs avec mes amis. C'est en arrivant au collège et surtout au lycée ensuite que je me suis mis à dévorer des bouquins. Et j'ai surtout trouvé mon bonheur dans la Science-Fiction, l'Héroïc-Fantasy, le Post-Apocalyptique et la Dystopie. Quels auteurs je lis ? De grands classiques comme Tolkien ou Lovecraft mais aussi de "petits nouveaux" comme Dmitry Glukhovsky, Timur Vermes ou encore Max Brooks !

4 Commentaires

  1. Ma question: est-ce que le style germanique qui différencie si fortement l’amère loque Colombo du bettlägerig Derrick se ressent-il aussi dans l’écriture? Moi qui n’ai jamais eut l’occasion de tomber sur une plume allemande avec plaisir, Kant et Freud (Autriche et Allemagne ont suffisamment en commun pou que je me permette cette approximation) ne sont pas une partie de plaisir…

    Ma remarque: « Hanounesque » quel mot horrible, j’espère que tu n’es pas le créateur d’un néologisme qui rentrera dans le dictionnaire.

    Merci pour cette critique 😉

    Répondre
  2. Et bien le style de l’auteur privilégie surtout la précision, le détail et la « finesse ». Autant dans la description d’une action ou d’un lieu que dans l’écriture. Mais c’est vraiment un style assez particulier, surtout quand on utilise « Hitler » comme personnage principal. L’auteur a justement essayé de respecter au mieux ses façons de parler et d’agir (du moins dont nous avons connaissance aujourd’hui) et c’est ça qui donne à cet ouvrage ce petit « plus » qui nous permet de continuer agréablement la lecture. Mais ça n’a rien d’un Kant, Freud ou Marx, loin de là.

    Et ensuite, j’ai utilisé ce néologisme car c’est pour moi une façon très claire de décrire la chose.

    Merci pour ton commentaire ! 🙂

    Répondre
  3. Non ça existe vraiment ?? Il faut absolument voir ce film tous ensemble, vous voulez pas organiser une soirée rédacteurs/inscrits ? 😀

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  4. J’ai vu le film récemment, il est également très bon ! Et pourquoi pas, c’est une idée à creuser 🙂

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