Le Cercle – Dave Eggers

Dystopie Non classé

The Circle - Dave Eggers 

Le Cercle est un roman d’anticipation écrit par Dave Eggers, paru en avril 2016. Il dépeint une société presqu’entièrement contrôlée par un géant des services technologiques, qui possède de nombreux points communs avec Google.

[su_heading size= »35″ margin= »0″]Quatrième de couverture[/su_heading]

Quand Mae Holland est embauchée par le Cercle, elle n’en revient pas.

Installé sur un campus californien, ce fournisseur d’accès Internet relie les mails personnels, les réseaux sociaux, les achats des consommateurs et les transactions bancaires à un système d’exploitation universel, à l’origine d’une nouvelle ère hyper-numérique, prônant la civilité et la transparence.

Alors que la jeune femme parcourt les open-spaces, les immenses cafétérias en verre, les dortoirs confortables pour ceux qui restent travailler le soir, la modernité des lieux et l’intense activité la ravissent. On fait la fête toute la nuit, des musiciens célèbres jouent sur la pelouse, des activités sportives, des clubs et des brunchs sont proposés, et il y a même un aquarium contenant des poissons rares rapportés par le P.-D.G.

Mae n’en croit pas sa chance de travailler pour l’entreprise la plus influente qui soit – même si le campus l’absorbe entièrement, l’éloignant de plus en plus de ses proches, même si elle s’expose aux yeux du monde en participant au dernier projet du Cercle, d’une avancée technologique aussi considérable qu’inquiétante.

Ce qui ressemble d’abord au portrait d’une femme ambitieuse et idéaliste devient rapidement un roman au suspense haletant, qui étudie les liens troubles entre mémoire et histoire, vie privée et addiction aux réseaux sociaux, et interroge les limites de la connaissance humaine.

[su_heading size= »35″  margin= »0″]Critique [/su_heading]

De retour avec un roman dystopique, cette fois sur le thème des réseaux sociaux et de notre visibilité personnelle sur le Net. Et Dave Eggers vise juste, en trouvant un équilibre entre le crédible et l’inquiétant.

En suivant Mae, jeune campagnarde fraîchement embauchée, on découvre un gigantesque campus dédié aux salariés du Cercle, lieu de travail idyllique où tout le monde est souriant et attentionné, où les supérieurs sont soucieux du bien-être de leurs subordonnés, où tout, enfin, est fait pour que vous vous sentiez accueillis à bras ouverts. Tout y est parfait : l’endroit dispose de toutes les installations dont un campus étudiant peut rêver, toutes les personnes que l’on y rencontre sont bienveillantes. Puis mot après mot, page après page, cette bienveillance devient malsaine, tourne en un culte de l’apparence, du propre, du lisse, dont les effets sur les individus sont incroyablement violents.

A cette fixation sur l’apparence se mêle la nécessité d’être toujours connecté, toujours en ligne, toujours actif sur le réseau, avec comme indicateur le « rang », qui devient vite une obsession de Mae. Un jour à peine où vous ne likez rien, ne partagez rien, et c’est toute la société qui vous regardera avec méfiance, tout cela au nom de la « transparence » : si l’on a rien à se reprocher, pourquoi le cacher ? Et aussitôt dit, voilà que l’on convoque les droits de l’homme, le droit de chacun à savoir. « Tout ce qui se produit doit être su. » Et ce, jusqu’à l’avènement de nouvelles technologies, qui poussent la transparence à son paroxysme, jusqu’à devenir réellement inquiétant.

Cependant, si les thèmes abordés visent juste, le roman comporte des lourdeurs qui vous feront lever les yeux au ciel, ou du moins feront naître en vous un sentiment d’agacement envers l’héroïne.

Mae réussit à enchaîner les mauvaises décisions, qui, bien qu’ils la mènent à une popularité époustouflante et un poste clé dans la société – inventé par et pour elle – vous feront vous demander comment une personne censée peut tenir ce genre de discours. Et peu à peu, on en vient à se détacher de Mae, de ce personnage caricatural dans son aliénation par les réseaux sociaux, qui ne semble pas avoir pour deux sous de sens critique. Les autres personnages sont également assez grossièrement travaillés, à peine moins caricaturaux, ce qui fait que l’on s’y attache finalement très peu.

Elle se retrouve, en plus de cela, au centre d’un triangle amoureux – presque un carré en réalité : la jeune demoiselle n’arrive pas à choisir entre l’inconnu ténébreux, qui vient telle une ombre lui offrir les plaisirs de la chair et repart sans lui laisser ne serait-ce qu’un nom, et le geek timide avec quelques problèmes de… rapidité. Sans compter l’ex et ami de la famille, qui refuse toute utilisation des réseaux. Et bien sûr, pour ne rien gâcher, il fallait la décrire dans les bras de l’un et de l’autre. Les scènes érotiques, bien qu’elles soient bien écrites, n’apportent pas grand-chose ni à l’intrigue, ni aux thèmes abordés, si ce n’est expliquer que Mae choisira son compagnon en fonction de ses performances au lit.

L’énigme de l’inconnu ténébreux occupera Mae pendant une très grande partie du récit et tente d’installer une part de mystère, jusqu’à un retournement de situation que tout un chacun aura prédit depuis bien longtemps.

Quant à l’écriture, vous ne serez pas absolument chamboulés par le style, mais il reste très agréable à lire, avec des passages intéressants qui rendent bien l’aspect immédiat et sans répit des réseaux.

Et pourtant, malgré des lourdeurs, des personnages peu attachants, cette entreprise idéale et effrayante nous tient en haleine jusqu’au bout, on veut savoir jusqu’où cette société ira au nom de la transparence. On y retrouve une version plus douce du 1984 d’Orwell, où la coercition se fait non pas par une milice, mais par la pression des autres et cette politique de la bienveillance, du toujours gentil et enjoué.

[su_heading size= »35″  margin= »0″]Les plus et les moins [/su_heading]

Les Plus

− Des thèmes abordés qui visent juste : le culte des réseaux sociaux, une communication rendue artificielle

− L’escalade dans les choix et technologies toujours plus extrêmes

Les Moins

− Des personnages caricaturaux, peu réalistes, peu attachants

− Des longueurs et des sous-intrigues qui n’apportent pas grand chose

Plume-03

[su_heading size= »35″  margin= »0″]Conclusion [/su_heading]

Dave Eggers offre ici un roman d’anticipation au contenu intéressant, qui fait froid dans le dos lorsque l’on se rend compte de la justesse des propos et de la proximité entre le Cercle et les firmes réelles telles que Facebook ou Google. En conclusion, roman à lire pour le continu plutôt que pour l’intrigue ou les personnages.

Salut ! Je suis une étudiante de 18 ans, en CPGE scientifique, et j’ai commencé à lire très tôt, au grand damn de mes institutrices. Très timide, je me plongeais dans les univers d’heroic fantasy où volaient dragon et fées. En grandissant, je me suis tournée vers la science-fiction, la littérature classique et, plus récemment, les romans psychologiques. Passionnée de psychologie et psychanalyse depuis plus d’un an, je veux en apprendre toujours plus sur les mécanismes de l’esprit et de la société. Mon chez-moi est rempli de livres en tout genre, partout et dans tous les coins. Les passages à la librairie sont la plus grande peur de mon portefeuille... Et comme si ça ne suffisait pas, je trouve toujours moyen d’emprunter des livres, que ce soit à des amis (Pierre, si tu m’entends... merci !), à la bibliothèque, ou à des membres de la famille. D’où qu’ils viennent, quels qu’ils soient, les livres sont bienvenus chez moi !

Poster une réponse

Votre Email ne sera pas publié.Les champs obligatoires sont marqués *

Vous pouvez utiliser ces balises HTML et les attributs : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

*

Mot de passe perdu

Inscription

dapibus mattis nec felis pulvinar Donec efficitur. sem, id