Le mot de l’auteur : Suzanne Lène

Le mot de l'auteur

Bonjour à toutes et à tous, nous avons le plaisir d’accueillir Suzanne Lène pour notre mot de l’auteur de ce mois-ci ! Vous pouvez retrouver la critique de son roman auto-édité L’Immigrée de Shanghai qui a reçu un avis favorable de la part de Sideara !

Bonjour Suzanne, et merci d’avoir accepté de participer à notre rubrique ! Tout d’abord, voulez-vous vous présenter afin que nos lecteurs puissent mieux vous connaître ?

Volontiers ! Je viens de fêter mes cinquante ans. Je suis mariée et j’ai deux enfants âgés de vingt trois et vingt-et-un ans. Un garçon et une fille. Cela fait près de vingt ans que je vis dans les pays de l’Est. J’ai habité en Roumanie, en Hongrie et en Bulgarie. J’y ai longtemps enseigné et aujourd’hui je me consacre pleinement à l’écriture. Actuellement, je partage mon temps entre Sofia, Paris et Londres.

Cette vie me donne souvent le sentiment d’un temps et d’un espace qui se distordent.

Votre premier roman, paru en 2014, a plutôt fait parler de lui, notamment sur Twitter, malgré son auto-édition. En faisant mes recherches pour préparer cette interview, j’ai aussi constaté que beaucoup de confrères blogueurs ont lu et parlé de votre roman.

Quel est votre regard sur les retours que reçoit votre livre ?

Un sentiment d’avoir achevé un vrai premier roman, prometteur. Le regard des critiques m’a semblé très encourageant sur mon style d’écriture, ma capacité à me mettre à la place des personnages et à faire voyager les lecteurs.

Que pensez-vous de la critique en général et y prêtez-vous attention ? Celle-ci vous a t-elle fait changer de regard sur votre roman ?

Certains reproches faits à mes personnages féminins trop peu « féministes » m’ont intéressés. Peut-être suis-je à contre-courant mais ces femmes-là, aujourd’hui, sont bien plus nombreuses qu’on ne le prétend. Certainement parce qu’elles ne se vantent pas de leur vie, n’étant ni à la mode, ni glamour, on parle peu d’elles. Je me méfie des clichés. J’ai toujours pensé que l’émancipation des femmes était bien plus complexe que les magazines féminins ne l’ont longtemps laissé entendre. Je pense aussi qu’elle peut prendre des voies bien différentes.

Bien sûr, la critique est non seulement intéressante mais enrichissante. Elle vous permet de regarder autrement votre roman mais n’influe pas forcément sur vos projets. Il faut avant tout rester soi-même.

L’auto-édition fut un choix par défaut ou une véritable envie ?

Honnêtement, je l’ai présenté à quatre maisons d’éditions. Et je n’ai pas voulu insister sans doute mue par la curiosité que représente ce nouvel instrument à la porté de tous, Kindle et l’auto-édition. Une chance inouïe pour les auteurs qui sont des outsider.

Votre plume m’a plu dès l’introduction, alors qu’Antoine présente au lecteur son histoire avant de la commencer. Les dialogues sont maîtrisés, et je n’ai pas ressenti cette « touche amateur » qui caractérise souvent un premier roman.

Quelle expérience avez-vous dans l’écriture ? Combien de temps vous a pris l’écriture du roman, et qu’est-ce qui fut le plus difficile ?

L’écriture m’habite depuis toute petite. Cependant, je manquais de temps pour m’y consacrer d’une autre manière qu’en amatrice jusqu’à la réalisation de ce roman.

J’ai mis quatre ans pour écrire « L’Immigrée de Shanghai ». La maturation de l’histoire fut longue. Le plus difficile fut de créer ce va-et-vient dans l’espace-temps. À plus d’une reprise, je me suis découragée.

Pour citer ma propre critique, je pense que « la plus grande force de ce roman, c’est le dépaysement ». L’histoire jongle entre plusieurs lieux tout à fait différents, mais aussi plusieurs époques. Comment avez-vous réussi à rendre vos décors si parlants ?

Je dois avoir une capacité à imaginer le passé. Quand j’ai découvert Carthage, j’ai perçu la tragédie dont ce lieu avait été le théâtre. En racontant cela à mon collègue de lycée, un historien passionné, il fut surpris. Sur place, il n’avait pu ressentir cela.

Je crois que je suis très sensible à mon environnement, à la lumière, aux saisons, aux odeurs comme celle de la neige. Dans « L’Immigrée de Shanghai », certains décors me parlent tout particulièrement : Chantilly, Paris, Montréal, Burlington.

En revanche, Shanghai est le fruit de mon imagination et des nombreux romans et documents historiques que j’ai lus ainsi que des films que j’ai vus.

Est-ce un véritable compliment pour vous ? Et si vous pouviez définir vous-même les qualités de votre livre, lesquelles seraient-ce ?

Bien sûr, pour moi c’est un véritable compliment et je reprendrai cette capacité à traduire en mots des décors comme l’une des qualités de mon roman. Ce travail sur l’espace-temps en est une autre. Mais aussi, je pense, la capacité à me glisser dans la psychologie de mes personnages. Enfin, j’ai cherché à évoquer une époque. L’aspect historique est un aspect de mon roman que je ne néglige pas, tout en reconnaissant qu’il reste avant tout un décor.

La fin de votre roman m’a vraiment surpris, et plusieurs avis vus sur Internet partagent mon sentiment (positivement ou non). Est-ce la fin que vous imaginiez dès le départ ?

Non. Elle m’a prise de court mais je la trouve intéressante car c’est une fin ouverte et positive qui rompt avec certains aspects sombres de mon roman. Sa perspective fantastique me plaît. Elle donne libre cours à différentes hypothèses.

Votre roman traite d’amour, mais aussi de folie, d’addictions (à l’amour, aux jeux …), de recherche d’identité, et parle également de psychologie. Voyiez-vous le projet comme ambitieux ?

Non. Le projet ambitieux s’est révélé dans cette approche de l’espace-temps à laquelle je me suis attelée. J’ai même lu des ouvrages scientifiques pour m’en imprégner alors que je dois avouer mes difficultés de compréhension dans ce domaine.

Les thèmes que vous évoquez – amour, folie, addictions – me parlent davantage. « La passion » est un sujet qui m’a toujours interpellé. Un de mes auteurs préférés est Dostoïevski.

Sur les différents sites de vente, nous pouvons trouver une courte biographie. Dans celle-ci, nous constatons que vous voyagez beaucoup, notamment dans les pays de l’est.

l-immigree-de-shanghaiMalgré votre attachement pour ces pays, votre roman parle de femmes chinoises, de Canada et de Paris. Qu’est-ce qui vous a inspiré ?

Je suis parisienne de naissance. Je n’ai quitté Paris qu’à l’âge de trente ans. J’ai eu l’occasion de voyager au Canada. Quant à la Chine, c’est une rencontre mystérieuse qui s’est produite alors que je cherchais sur internet l’histoire de chanteuses célèbres dans les années trente à Shanghai. La photographie de couverture de mon roman est celle de Zhou Xuan. L’historie de cette star m’a incitée à écrire ce roman. Pourquoi ?

Shanghai était une ville mythique et j’ai toujours été intéressée par les années trente et la montée des idéologies totalitaires. L’histoire de Zhou Xuan, cette chanteuse appelée « la voix d’or », qui fut aussi une actrice célèbre, est une histoire triste. Elle fut abandonnée à la naissance et chercha toute sa vie ses parents. Elle souffrit de nombreuses dépressions et m’a inspirée le personnage de Da. Après, l’histoire s’est déroulée devant mes yeux.

Avez-vous également beaucoup de connaissances sur la Chine, ou avez-vous dû longuement vous documenter ?

Comme je vous l’ai dit, je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de m’y rendre mais je me suis longuement documentée. Par ailleurs, l’histoire des régimes communistes me parle particulièrement en raison de ma vie dans les pays de l’Est.

Dans les conversations que nous avons pu avoir ensemble, vous me confiez qu’il vous manquait un certain recul pour écrire en utilisant la Bulgarie ou la Hongrie comme décor. Est-ce un regret, ou préférez-vous la réalité de ce que vous vivez à l’imaginaire que vous pourriez offrir au lecteur ?

Non. Je n’étais pas encore prête à écrire sur ces pays. Aujourd’hui, c’est fait. Je viens d’achever un roman qui se déroule essentiellement en Bulgarie mais aussi en Roumanie et en Hongrie.

Il y a quelques jours vous annonciez sur Twitter avoir terminé un nouveau roman. Peut-on en savoir plus ?

Il s’agit d’un roman sans doute plus féminin que « L’Immigrée de Shanghai ». Un roman qui se situe à notre époque et raconte l’histoire d’une expatriée française partie vivre dans les pays de l’Est. En vous disant cela, je ne fais que planter le décor…

Allez-vous choisir une fois encore l’auto-édition ?

Je n’ai pas encore pris ma décision.

Merci beaucoup Suzanne Lène pour votre disponibilité et aussi pour m’avoir fait autant voyagé à travers votre roman !

Le mot de la fin ?

La fin est la promesse d’une nouvelle histoire.

Suzanne Lène, le 20/02/2016

Vous pouvez vous procurer L’Immigrée de Shanghai ici.

La page Twitter de l’auteur ici !

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Ce mot de l’auteur a été orchestré par Sideara.

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