Point Final – William Lafleur / Monsieur Le Prof

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Point Final est le premier roman de William Lafleur, plus connu pour son compte Twitter « Monsieur le Prof », racontant son quotidien de professeur d’anglais. Le roman a initialement été rédigé sur « Le Blog de l’homme mort », sans que l’on sache qu’il s’agissait d’une supercherie.

[su_heading size= »35″ margin= »0″]Quatrième de couverture [/su_heading]

« Dans leur maison, une mère et ses deux enfants viennent d’apprendre la mort accidentelle de leur mari et père.

Tout à leur souffrance, comment pourraient-ils se douter qu’ils sont épiés jour et nuit, que des caméras et des micros enregistrent chacun de leurs gestes et chacune de leurs paroles ? Que celui qui les observe n’est autre que leur cher disparu ? Bien vivant, à quelques rues de là, il tient froidement un journal dont les mots se nourrissent de leurs larmes.

Voyeur de la douleur des siens, manipulateur de leur détresse, celui dont l’existence se limite aux pages qu’il noircit jour après jour invite le lecteur à devenir complice de son jeu littéraire… »

[su_heading size= »35″  margin= »0″]Histoire[/su_heading]

Un jour, un blog peu connu, sobrement intitulé « Blog de l’homme mort » apparaît sur Internet.  Il se constitue un public réduit par le bouche-à-oreille. Chaque jour, l’auteur publie un peu plus de son histoire, de l’histoire d’un homme qui se fait passer pour mort aux eux de sa famille, pour mieux les connaître et les comprendre. Reclus derrière son écran, il les regarde vivre grâce aux caméras et micros dont il a truffé sa maison avant de disparaître.

[su_heading size= »35″  margin= »0″]Critique [/su_heading]

Puisque je suis le compte Twitter depuis pas mal de temps, j’ai été immédiatement avertie de la sortie de ce livre, et il faut avouer que l’histoire m’avait vraiment donné envie : j’avais hâte de me plonger dans l’esprit de cet homme suffisamment fou et désespéré pour se faire passer pour mort, et se délectant de la réaction de ses proches. « Comment nos proches réagiraient-ils à notre mort ? » est une question que beaucoup se posent, issue d’une curiosité morbide et quelque peu dérangeante, comme si la mort n’était qu’un moyen de s’assurer de son existence aux yeux des autres : c’est justement le sujet que traite ce roman.

Première impression à l’achat : un roman qui semble assez court, mais de longueur encore raisonnable. Immédiatement après, première déception : au vu de la taille de la police et des marges, le contenu est beaucoup plus restreint que prévu. Ce n’est pas forcément gage de mauvaise qualité, mais je reste sceptique quant à la possibilité de traiter du sujet en quelques 150 pages (et un peu rebutée par le prix, mais je suis pauvre).

Et effectivement, le roman est très, si ce n’est trop, court : la présentation sous forme de billets de blog réduit encore le contenu déjà restreint, et les chapitres s’enchaînent, avec l’impression tenace qu’il manque des détails, des choses, qu’il n’y a pas assez. Je dois le reconnaître, c’est peut-être dû à ma lecture un peu rapide ; s’il y a un conseil que je dois donner quant à ce format, c’est de prendre son temps pour lire, pour s’approcher un maximum de l’expérience des lecteurs du blog d’origine.

Le fond est quant à lui plutôt très intéressant et plein de potentiel : malgré un manque de description, qui est plutôt justifié au vu du format d’origine – un homme écrivant sur son blog – la réflexion sur le sujet est poussée et percutante. On se prend au jeu de mépriser cet homme, son voyeurisme pervers, puis peu à peu on se rend compte que l’on est finalement tout autant voyeurs de la vie de sa famille et de ses pensées. Cependant, le manque de description empêche à mon goût de réellement prendre l’attitude du voyeur.

Le message est percutant et très clair lorsque l’on achève sa lecture : transgénérationnel, perturbant et déprimant, le roman est issu d’une réflexion sur la vie et sur la vacuité du quotidien. Message sombre certes, mais qui pousse aussi à changer les choses. Message qui s’ancre d’autant plus que l’écriture, simple et distante d’un homme moyen, pourrait être celle de n’importe qui.

Le récit s’arrête assez brusquement, ce qui m’a laissé l’impression que la réflexion n’était pas aboutie. L’auteur nous en explique les raisons, qui sont tout à fait valables, et si cette fin joue parfaitement son rôle, le message y perd en force.

Shynis.

Encart d’Amaesis : J’ai très peu de choses à ajouter à l’analyse fine que vient de nous faire Shynis sur ce roman. Court et efficace, certes, la taille de la police d’écriture (énorme) et le nombre de pages peu nombreuses m’ont également rebutée quand je l’ai reçu. A la lecture, le style de l’auteur est bref, cinglant, teinté d’un humour noir omniprésent. J’ai énormément apprécié le concept, mais le cliffhanger final fait effectivement qu’on a une impression d’inachevé, comme si la réflexion et l’histoire n’étaient pas finies, et c’est ce qui m’a le plus déçue. Attention, j’ai bien aimé ce livre et je rejoins Shynis sur la note finale, mais la fin m’a laissé un goût indéfinissable en arrière-gorge. J’en aurais aimé plus. J’en aurais attendu plus. Le message que l’auteur cherche à nous faire passer est percutant, obligés que nous sommes de regarder les pages défiler, intrigués que nous sommes dans la démarche entreprise par cet homme, malsains dans notre voyeurisme.

[su_heading size= »35″  margin= »0″]Les plus et les moins [/su_heading]

Les Plus

– Le format, qui donne une impression de réalisme et de confidence
–L’histoire, ou plutôt la situation de départ, qui possède beaucoup de potentiel
– La réflexion et le message sur un quotidien vide de sens et de chaleur
– L’écriture, associée au format, qui retranscrit le sentiment d’observer une famille à travers les écrans, par différentes caméras

Les Moins

– La (non) longueur du récit : Point Final est entre roman et nouvelle, et se lit extrêmement vite
– Le format, qui réduit encore le contenu, ce qui est dommage au vu des possibilités qui ne sont du coup pas suffisamment exploitées
– Le peu de détails, de descriptions : la première partie de l’histoire me semble un peu courte pour nous plonger réellement dans l’ambiance du livre

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[su_heading size= »35″  margin= »0″]Conclusion [/su_heading]

 Point Final est un roman qui intrigue au premier abord, et qui rapidement questionne notre morale et notre curiosité. Je conseille cependant de prendre son temps pour le lire, élément très important pour pleinement apprécier le format et l’ambiance froide du roman.

Salut ! Je suis une étudiante de 18 ans, en CPGE scientifique, et j’ai commencé à lire très tôt, au grand damn de mes institutrices. Très timide, je me plongeais dans les univers d’heroic fantasy où volaient dragon et fées. En grandissant, je me suis tournée vers la science-fiction, la littérature classique et, plus récemment, les romans psychologiques. Passionnée de psychologie et psychanalyse depuis plus d’un an, je veux en apprendre toujours plus sur les mécanismes de l’esprit et de la société. Mon chez-moi est rempli de livres en tout genre, partout et dans tous les coins. Les passages à la librairie sont la plus grande peur de mon portefeuille... Et comme si ça ne suffisait pas, je trouve toujours moyen d’emprunter des livres, que ce soit à des amis (Pierre, si tu m’entends... merci !), à la bibliothèque, ou à des membres de la famille. D’où qu’ils viennent, quels qu’ils soient, les livres sont bienvenus chez moi !

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