Sommeil Aboli : La cité aux rêves interdits – Christophe Mogentale

Science-Fiction

Sorti fin 2018, Sommeil aboli est le premier roman de l’auteur français Christophe Mogentale.

Quatrième de couverture

« Après la catastrophe de Chanoo, capitale d’un pays plongé dans la guerre civile, trois hommes s’allient dans la volonté de créer un monde meilleur. C’est ainsi que l’enclave de Machia voit le jour. Sa spécificité ? le Sommeil Aboli, une pilule obligatoire qui neutralise votre besoin de sommeil. Le temps vous appartient désormais, mais plus celui de rêver. Considéré comme un loisir illégal, ce que l’on appelle dorénavant les drims, est devenu une nouvelle drogue.

Premier précepte des Drimeurs : Ne jamais consommer ses propres rêves

Arty Halfidre est un drimeur. Bravant les règles du Sommeil Aboli, il vend ses propres rêves. Travaillant entre Machia et les extérieurs, il se retrouve impliqué malgré lui dans les complots qui visent la cité. En effet, certains de ces drims semblent produire des effets étonnants sur ceux qui les consomment. Au fil du temps, Arty commence à douter. Qui l’utilise afin de nuire ? Machia ressemble-t-elle vraiment à la cité de liberté que son père avait imaginée ? En qui peut-il avoir vraiment confiance et où se cache la vérité ? »

Critique

Comme vous le savez depuis longtemps, je ne suis pas féru de science-fiction. Encore une fois, je choisis de livre un livre qui, malgré l’aspect SF, reste plutôt terre à terre, et ne dispose pas de sabres-laser et autres vaisseaux spatiaux.

Concernant l’univers donc, eh bien il n’est pas compliqué ! Pour les réfractaires aux poncifs SF, vous pouvez y aller sans problèmes. La cité-bulle de Machia est la seule à posséder la pilule de Sommeil aboli, permettant aux gens de ne plus dormir. Une partie minime du temps gagné sur le sommeil sert à travailler et être productif, mais la majorité du temps sert aux loisirs et au développement personnel. Nous sommes donc confrontés à une société utopique où tout semble aller pour le mieux.
Les alentours proches de la cité-bulle se nomment les Extérieurs. Une sorte de zone presque post-apocalyptique où vivent ceux qui ne peuvent entrer à Machia, dirigés par différents clans et mafias.
L’univers reste assez simple, et l’auteur ne s’attarde pas en détails inutiles, ni même en longue et compliquée explication concernant la pilule de Sommeil aboli. Ce qui m’a absolument ravi, et permet d’entrer rapidement dans l’histoire.

Malgré cette fulgurante entrée et un début très intéressant et correctement rythmé, l’histoire peine à avancer et à nous tenir en haleine. On passe un bon tiers du roman à suivre les aventures des personnages, pas spécifiquement palpitantes et à se demander quand l’intrigue va vraiment décoller et le rythme s’accélérer. Il y a tout de même quelques passages intéressants, mais le tout manque d’actions ou de révélations.
Le récit est plutôt bien rythmé en soi, tout au long du roman, et il ne manque que quelques détails de mise en scène qui auraient pu limiter l’ennui pendant ce tiers. J’ai lu les critiques de mes confrères et consœurs, et une chose revient souvent : le fait de ne pas avoir de fil rouge évident. Et je suis plutôt d’accord avec ça. Comme je l’ai dit plus haut, on a l’impression, pendant un moment, que le récit va nous mener nulle part, et qu’on suit juste la vie, parfois excitante parfois plate, d’Arty Halfidre. Tout s’explique pourtant par la fin, même si ça n’excuse pas forcément tout.
La fin, pouvant être qualifiée de clichée, est tout de même orchestrée à la perfection, et fut une véritable surprise que je n’avais pas vu venir une seule seconde !
On tombe donc sur un premier petit tiers intéressant, qui met bien les choses en place, un second un peu mou et avare en informations, et un dernier qui finit en apothéose et qui se lit avec envie.

Concernant les personnages, je les ai tous trouvé très bons. Je n’ai pas de réel défaut à leur accorder, et j’ai même trouvé qu’ils échappaient tous plus ou moins à un archétype ou une fonction. Tous possèdent une certaine dualité entre bien et mal, et tous ont des limites dans chacun des deux côtés, les rendant très humains. Je me suis au final beaucoup attaché à Arty, le personnage principal, ainsi qu’à la plupart des personnages, comme Marco son meilleur ami, Volpen le bibliothécaire de la prison de Machia et Sarah la complice d’Arty.

Malgré la lenteur de l’intrigue pendant un moment, j’ai beaucoup apprécié plusieurs détails, notamment le fait que l’auteur semble avoir établi un univers cohérent, en dehors de la cité-bulle et des Extérieurs. En effet, il existe d’autres pays, dont nous entendons parler brièvement au fil du récit, mais qui sont détaillés avec parcimonie petit à petit. On ressent une vraie envie de proposer un background à l’histoire ainsi qu’au monde, sans alourdir le récit.
Ma curiosité a été attisée, et j’avoue avoir bien envie d’en savoir plus sur les villes et les pays limitrophes !

C’est un livre que je recommande, déjà pour sa fin, mais aussi pour son univers intéressant. Je doute qu’il convienne aux puristes de la science-fiction, mais comblera sûrement les amateurs ou ceux qui souhaitent parcourir le genre en douceur.
Et si jamais vous ressentez aussi un coup de mou au milieu, accrochez-vous, la fin en vaut vraiment la peine !

Les plus et les moins

Les Plus

– Les personnages
– L’univers
– Machia et sa société utopiste
– La fin, merveilleuse
– Me donne envie d’en savoir plus sur ce monde

Les Moins

– Un bon tiers qui mériterait un peu plus de peps

Conclusion

C’est une note positive, pour un roman qui n’a que le défaut d’avoir un coup de mou pendant un temps !

Moi c'est Fabien, 28 ans ! J'ai toujours eu une imagination débordante et un caractère extrêmement lunatique, aussi l'écriture et la lecture se sont imposées à moi très facilement. Passionné de Fantasy notamment (et surtout de magie), ainsi que de thrillers et de polars, je m'ouvre petit à petit à la science-fiction et au reste. Mes livres préférés font souvent partie de l'univers de la Fantasy, et sont pour la plupart dotés d'univers très étoffés, et très bien intégrés au récit. Achetant d'innombrables livres, je suis complètement envahi et mes bibliothèques ne tiennent plus sous le poids des romans, d'autant que je suis un inconditionnel du grand format ! Dans les librairies, je suis toujours à chercher dans un recoin sombre le livre caché qui m'attirera, et je suis très peu attiré par les "grands auteurs". Dans tous les cas, il y aura toujours de la place pour des livres chez moi !

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